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A propos de Poutine – réaction d’André Lacroix à mon passage sur la Première


Cher Vincent,

Entre deux coups de téléphone, J’ai entendu des bribes de ton intervention sur les ondes de la RTBF le matin du vendredi 16 mai, aux côtés de Pascale Fonteneau et de Sam Garbarski. Permets-moi de te faire part de mes observations à propos de deux de tes interventions. Tout d’abord, j’ai apprécié ce que tu as dit de l’importance de la culture et de l’éducation, y compris au plan économique ‒ comme l’a très bien compris la Chine. J’ai par contre « tiqué » quand a été abordé le sujet suivant, à savoir la réaction à avoir face à Poutine.

Il faut dire que la veille, à l’invitation de Michel Staszewski, j’avais assisté à une manifestation au Rond-Point Schuman (confidentielle, hélas) pour appeler à la fin de la guerre et de la terreur en Ukraine.   Ayant encore dans les oreilles l’analyse qu’y avait faite Jean-Marie Chauvier, grand connaisseur du monde slave, ton portrait de Poutine, dans la ligne du « mainstream » occidental m’a laissé sur ma faim. Bien sûr, Poutine n’est pas un enfant de chœur et ce n’est pas avec lui que j’aurais envie de passer mes prochaines vacances ; je déteste sa mainmise sur les médias russes, son copinage avec l’Église orthodoxe, ses encouragements à l’homophobie, etc.)   Mais mérite-t-il pour autant l’accusation de vouloir recréer l’ancien empire soviétique ? N’aurait-il pas quelques raisons de se sentir encerclé par les forces de l’OTAN et menacé par le bouclier anti-missiles déployé dans les pays de l’ex-URSS, passés dans le camp occidental ? Quand on examine une carte de l’Europe, on constate que la Russie est relativement protégée des implantations de l’OTAN et des bases états-uniennes par deux États-tampons : la Biélorussie et l’Ukraine.   Ce que redoute Poutine, et on peut le comprendre, ce serait l’avènement d’une Ukraine « pro-occidentale », tête de pont de l’OTAN, une Ukraine qui a avec la Russie une frontière commune de 1576 km.   Est-ce suffisant pour affirmer que Poutine aurait l’intention d’annexer l’Ukraine ? Comme l’a fait remarquer dans l’émission « Matin première » du 11 avril, Nina Bachkatov, cette autre grande spécialiste, il n’est pas dans l’intérêt de la Russie de se charger de ce « chameau », alors que sa propre économie n’est pas des plus brillantes.  Si Poutine a montré les dents en récupérant la Crimée (qu’avait cédée Khrouchtchev), cela ne signifie pas qu’il veuille envahir l’Ukraine ; ce qu’il veut sûrement, c’est qu’elle reste un État-tampon. Il n’était d’ailleurs pas favorable à l’organisation du référendum « rattachiste » organisé par le pro-russes le 11 mai.

 

Mais est-ce aussi la volonté des Occidentaux de consolider l’Ukraine en tant qu’État-tampon ou bien n’auraient-ils pas d’autres intentions, un autre agenda (comme on dit aujourd’hui en franglais) ? Qu’est venu faire John McCain sur une estrade à Kiev ? Quel a été le rôle de Victoria Nuland (l’épouse du néo-conservateur Robert Kagan), qui a supervisé les manifestations « pro-européennes » en Ukraine à partir de novembre 2013 ? À quoi ont pu servir les 5 milliards de dollars utilisés par les États-Unis pour « développer la démocratie » en Ukraine (voir la déposition de V. Nuland devant l’US Ukraine Foundation) ? Que viennent faire les centaines de mercenaires américains en Ukraine (dont la présence a été confirmée par le Bild am Sonntag) ? Ne serait-ce pas de la provocation ? Et Poutine devrait-il rester les bras croisés ? Je me permets de te conseiller la lecture de l’article Comprendre ou ne pas comprendre Poutine de Diana Johnstone (universitaire et journaliste américaine) repris sur le site « Le Grand Soir » du 8 mai. J’en extrais ces lignes :

Alors que l’Occident refuse obstinément de comprendre Poutine et la Russie, Vladimir Poutine, au contraire, semble comprendre les choses assez bien.

Il semble comprendre que lui et sa nation sont systématiquement attirés dans un piège mortel par un ennemi qui excelle dans l’art contemporain de la « communication ». Dans une situation de guerre, la communication de l’OTAN signifie que les faits importent peu. Ce qui importe, c’est de contrôler la narrative. Celle présentée par les médias occidentaux ne peut fonctionner qu’à condition de ne pas comprendre la Russie, et de ne pas comprendre Poutine. Dans la version Occidentale, Poutine et la Russie sont les méchants de l’histoire, simplement la dernière réincarnation de Hitler et de l’Allemagne nazie.

L’horrible massacre à Odessa le 2 mai l’a démontré. Les preuves photographiques, les témoignages de nombreux témoins oculaires, les corps fumants et les cris des tueurs, tout est là pour prouver ce qui s’est passé. Des tentes dressées pour recueillir des signatures en faveur d’un référendum pour introduire un système fédéral en Ukraine (aujourd’hui politiquement divisé, mais avec un pouvoir totalement centralisé) ont été incendiés par une milice de voyous fascistes qui ont attaqué les fédéralistes locaux comme des « séparatistes » (les accusant de vouloir se « séparer » de l’Ukraine pour rejoindre la Russie, alors que ce n’est pas ce qu’ils demandent). Les militants locaux se sont réfugiés dans le grand bâtiment syndical sur la place où ils ont été poursuivis, agressés, assassinés et brûlés par des « nationalistes ukrainiens », agissant pour le compte du régime illégitime de Kiev soutenu par l’Occident.

Peu importe la violence des assauts, les médias occidentaux n’ont vu aucun mal, n’ont entendu aucun mal, n’ont dit aucun mal. Ils ont déploré une « tragédie » qui s’est simplement déroulée, comme ça.

Odessa est la preuve que quoi qu’il arrive, la classe politique de l’OTAN, les dirigeants politiques et les médias, tous unis, ont choisi leur narrative et s’y conforment. Les nationalistes qui ont pris le pouvoir à Kiev sont les bons, les gens agressés à Odessa et dans l’Est de l’Ukraine sont « pro-russes »  et donc les « méchants ».

 

 

Si, comme tu l’as dit, l’Europe a fait preuve de faiblesse (en ça, je te suis entièrement), c’est moins vis-à-vis de la Russie que vis-à-vis des États-Unis (dont une certaine intelligentsia pense toujours en termes de guerre froide). Sinon, comment expliquer que l’accord conclu le 21 février sous l’égide des ministres des affaires étrangères européens, l’Allemand Frank-Walter Steinmeier, le Polonais Radoslav Sikorsky et le Français Laurent Fabius), accord prévoyant des élections anticipées, ait volé si facilement en éclats ? Probablement les États-Unis, ne le trouvant pas assez antirusse, ont-ils laissé libre cours aux milices fascistes pour organiser de nouvelles violences et forcer Ianoukovitch à l’exil.   Et l’Europe a ravalé son humiliation, justifiant ainsi après coup les propos dédaigneux (apparus sur YouTube le 6

février) qu’avait tenus Victoria Nuland lors de son entretien avec l’ambassadeur des États-Unis à Kiev. Autre signe de la lâcheté de l’Europe : le refus de Cathy Ashton de mettre sur pied une commission d’enquête sur l’identité des snipers et sur la boucherie d’Odessa. L’Union Européenne, Prix Nobel de la Paix (!), a même violé son engagement antérieur de conditionner son aide au nouveau pouvoir de Kiev au respect des droits de l’homme. Une fois de plus, l’Europe s’est aplatie devant Washington, en décrétant des sanctions ridicules contre la Russie, sans comprendre que cette attitude pourrait avoir pour elle des conséquences infiniment plus graves que pour les États-Unis, comme l’écrit John Pilger dans son article : Ukraine : les États-Unis nous entraînent dans une guerre contre la Russie (dans « The Gardian », repris par « Le Grand Soir » du 15 mai).   Extraits :

Pour la première fois depuis l’ère Reagan, les USA menacent d’entraîner le monde dans une guerre. Avec l’Europe de l’est et les Balkans devenus des bases militaires de l’OTAN, le dernier « état-tampon » frontalier de la Russie, est dévasté. Nous, les occidentaux, soutenons des Néo-nazis dans un pays où les Ukrainiens nazis soutinrent Hitler. Ayant dirigé le coup d’état de Février contre le gouvernement démocratiquement élu à Kiev, la tentative de Washington de récupérer la base navale historiquement russe de Crimée a échoué. Les Russes se sont défendus, comme ils l’ont toujours fait contre chaque invasion occidentale depuis presque un siècle.

Mais l’encerclement militaire de l’OTAN s’est accéléré, en même temps que des attaques orchestrées par les USA sur les ethnies russes d’Ukraine. Si Poutine peut être poussé à aller les aider, son rôle préétabli de paria justifiera une guerre menée par l’OTAN qui se propagera sans doute à l’intérieur du territoire Russe.

A la place, Poutine a embrouillé ses adversaires en cherchant un terrain d’entente avec Washington et l’Europe, en retirant ses troupes de la frontière ukrainienne et en incitant les ethnies russes d’Ukraine de l’Est d’abandonner le référendum provocant du week-end. Ces gens, russophones, bilingues – 1 tiers de la population de l’Ukraine – ont longtemps souhaité l’avènement d’une fédération qui reflète la diversité ethnique du pays et qui soit à la fois autonome et indépendante vis-à-vis de Moscou. La plupart ne sont ni des « séparatistes » ni « des rebelles » mais simplement des citoyens souhaitant vivre en sécurité dans leur pays.

Comme les ruines d’Irak et d’Afghanistan, l’Ukraine a été transformé en un camp d’entrainement pour la CIA – dirigé par le directeur de la CIA John Brennan à Kiev, avec des “unités spéciales” de la CIA et du FBI qui mettent en place une “structure de sécurité” afin de superviser les attaques sauvages de ceux qui se sont opposé au coup d’état de Février. Regardez les vidéos, lisez les rapports des témoins du massacre d’Odessa. Des bandits fascistes amenés par bus ont brulé les sièges des syndicats, tuant 41 personnes bloquées à l’intérieur. Regardez la police laisser faire. Un docteur a décrit sa tentative d’aller aider les gens, « mais j’ai été stoppé par des nazis pro-Ukrainiens. L’un deux m’a violemment poussé, en me promettant que bientôt ce serait mon tour à moi et aux autres Juifs d’Odessa… Je me demande pourquoi le monde entier reste silencieux. »

 

Voilà, mon cher Vincent, quelques réflexions que je voulais te soumettre. Je ne suis pas naïf : je sais que, du côté pro-russe, il y a aussi des brutes fascisantes et que rien, surtout dans un contexte de pré-guerre civile, n’est tout blanc ou tout noir. Mais cela ne nous dispense pas de prendre position, même si, pour citer Steinbeck, nous sommes plongés in dubious battle.

 

Au plaisir d’enregistrer ton commentaire, je te redis, cher Vincent, toute mon amitié.

 

André L.

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