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Apostille à un accent grave


Il fallait que ce fût toi, chère Agnes Heller, ancienne élève et collaboratrice de György Lukacs, à ce titre haute figure de l’école philosophique de Budapest et géniale signataire de La théorie des besoins chez Marx – ayant, depuis plus d’un demi-siècle, entrepris de relire Marx à la lumière du capitalisme contemporain, donc élaboré une mise en question radicale de nos temps acéphales dans les conditions spécifiques de ton pays d’origine ; toi qui viennes ranimer la flamme d’une Europe occidentale intellectuellement éteinte, par la publication d’un appel en page « Débats » du Monde ce dernier week-end : La philosophie qui dérange.
Car tu appartiens à la race de ces fous qui, depuis Prométhée, donnent du feu au coin des rues sans que nul ne leur ait rien demandé. C’est à ces bivouacs des carrefours que s’est pourtant faite l’histoire des idées. Celles de Hegel, de Marx et de Lukacs, comme les tiennes, pour clandestines qu’en soient les racines autant que les fruits chassés du marché, demeurent aux yeux de l’aède plus vivantes que toutes les pacotilles néo-philosophiques.
Je saisis l’occasion providentielle de ton intervention dans notre espace public pour compléter d’une apostille les quelques réflexions suscitées par l’étonnamment grave accent d’uneTribune publiée dans le même journal, dont j’ai le plaisir de te faire la destinataire, toi la citoyenne d’un pays récemment occidentalisé de l’Europe orientale, à partir du plus occidental des pays d’Orient.
Comme tu le sais, chère Agnès, tout relève de la pseudologie dans la sollicitude affichée par l’Occident pour les « révolutions » d’hier dans les capitalismes d’Etat socialisants de l’Est, comme pour les actuels soulèvements en Afrique du Nord. Les mêmes ajustements structurels aux lois de la prédation financière sont prévus ici comme chez toi en Hongrie, qui génèreront mêmes cortèges de misères et de souffrances humaines, hors alternative historique. Avertie par ton expérience, tu dois être l’un des esprits les plus à même d’éclairer en quoi le « pacte de compétitivité » européen est un coup de force du Capital pour aboutir à ce dumping social appelé de ses voeux par les propriétaires du monde, la tyrannie mafieuse des marchés financiers s’étant assuré la complicité des puissances publiques afin d’aboutir à une reddition de toute résistance du côté de la force de travail.
Comme l’économie d’outre-Rhin ne se pose en modèle que pour avoir absorbé les mains d’oeuvre de l’Est (qui paient d’un abandon du plus haut niveau culturel collectif jamais connu dans l’Histoire son accès aux images de Lady Gaga), il faut que massivement le sous-prolétariat du Maghreb et du Machrek assument le même rôle, et de même sacrifient leurs cultures spécifiques. C’est le contrat, qu’il ne reste plus qu’à signer dans le sang de quelques martyrs de plus. Au Nord comme au Sud de la frontière maritime, l’uniformisation sociale par le bas garantira la mobilité du capital variable, gage de réduction des coûts et d’augmentation de la plus-value…
Ainsi les mêmes instances qui se sont émancipées, grâce à l’idéologie libertaire, de toute contrainte morale pour gouverner le monde, s’érigent-elles en modèles de vertu pour condamner des régimes n’obéissant plus à leurs intérêts, le plus particulièrement visé d’entre eux étant évidemment la Libye.
Mais si la démocratie suppose que les responsables rendent des comptes, où se tient le procès des maîtres du monde? On préfère dévier l’attention vers ces vieux despotismes lézardés, réclamant modernisation d’urgence. Le camp de la domination, chère Agnès, non seulement usurpe frauduleusement la toge de juge impartial, mais se permet en outre de monopoliser le discours de l’émancipation. Toute cette manipulation n’est rendue possible qu’à défaut de ce qu’Antonio Gramsci nommait philosophie de la praxis. Laquelle est inséparable de la dialectique de totalité (donc, d’un art des médiations) discrédités par le situationnisme dominant.
Sans la catégorie de médiation dialectique, je n’aurais jamais pu, voici bientôt trente ans, mettre en lumière la structure contre-révolutionnaire Mai 68 – Mai 81 qui, autour de Guy Debord et de François Mitterrand, fut une matrice du capitalisme de la séduction. N’a-t-elle pas, cette structure, prouvé la supériorité de son expertise pour mater toute révolte populaire : à quoi bon tabasser les foules avec des armes physiques, si le matraquage idéologique est plus efficace ? Ainsi se perpètrent aujourd’hui des massacres sémantiques, par lesquels peut se nommer orthodoxie budgétaire une shoah planétaire.
Que l’ensemble du jeu économique mondial, pipé depuis trente ans par le Big Business, rencontre d’insolubles contradictions faisant exploser tous les anciens critères sociaux du capitalisme : c’est une vérité dont l’évidence ne peut être reconnue sans recours à cette dialectique de la totalité prônée par Georg Lukacs.
Tout ce que tu évoques, chère Agnes, du fascisme ordinaire se déployant contre les intellectuels critiques dans ton pays néocapitalisé (n’assure-t-il pas la présidence de l’Union européenne ?), qui d’autre que toi pouvait ici l’exprimer ? Subissant brimades et persécutions en tout genre pour ce crime suprême qu’est la pensée, mieux que personne tu sais combien les modalités des tyrannies sont manifestes ou dissimulées, la plus rusée de ces dernières consistant à exhiber les apparences d’une libre conflictualité démocratique. Mais les nécessités mêmes de la Grande Surface ont réduit à ce point toute liberté critique dans nos pays, qu’il suffit désormais de vouloir s’élever plus haut que le rez-de-chaussée, ou descendre visiter les cadavres de la cave, pour se voir interdit de publicité. C’est donc le pouvoir lui-même qui gère le simulacre de tout discours d’opposition…
Ainsi n’ignores-tu pas que le même Conseiller spécial du président de la République française, un certain Henri Guaino, parmi d’innombrables insultes à l’intelligence publique dont il s’est fait le champion depuis quatre ans, n’a pas eu scrupule d’adultérer la pensée d’Antonio Gramsci, gadgétisant sa notion d’hégémonie culturelle en un colifichet sciemment vidé de sens. Pourquoi se serait-il gêné ? Toute vile manoeuvre est de bonne guerre, dès lors qu’il n’y a plus d’adversaire. La capitulation théorique ne vient-elle pas d’abord du camp de ceux qui se prétendent les opposants de Napoléon V ? Mai 68 – Mai 81 – Mai 94 (génocide rwandais) – Mai 07 : de treize en treize ans, la France n’offre-t-elle pas de spectaculaires constructions de situations sur la scène internationale du sitshow ? Raison pour laquelle, sans doute, un certain Bruno Racine, président de la Bibliothèque Nationale de France bâtie selon les voeux de Napoléon IV, vient d’obtenir de généreux mécènes peu nécessiteux en milliards depuis trente ans, l’obole d’un million d’Euros pour acquérir quelques archives ayant appartenu au fondateur de l’Internationale situationniste. Un rendu pour un prêté, en quelque sorte. Le très révolutionnaire auteur de La Société du spectacle n’a-t-il pas réalisé la prouesse d’offrir au Capital de manager lui-même la théorie radicale ?
Figure-toi, chère Agnès, que Georg Lukacs ne fut pas le dernier penseur dont ce Guy Debord osa se réclamer…
(Par inadvertance, fut divulguée dans la presse une autre appartenance de ce Bruno Racine que la présidence dela GBN. Le Monde révélait, voici quelques mois, que cet enthousiaste laudateur de l’oeuvre  » révolutionnaire  » de Guy Debord, est par ailleurs président du conseil de la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), au titre de l’un des « spécialistes » choisis par M. Rasmussen, Secrétaire général de l’OTAN. Comme tel il fait partie d’un  » groupe de réflexion internationale  » placé sous la présidence de l’ancienne Secrétaire d’Etat de George Bush Madeleine Albright, chargé d’étudier les moyens de convaincre l’opinion occidentale du bien-fondé d’une augmentation des budgets militaires, en particulier ceux que réclame le projet de bouclier anti-missiles…
On peut donc affirmer sans exagération que la Bibliothèque Nationale de France est une annexe de l’Alliance atlantique, placée sous commandement stratégique de Guy Debord : comment Atlas n’eût-il pas réagi ? Par bonheur pour celui-ci, d’autres éminents représentants de cette engeance atlantique, terrorisés par l’océan du même nom, se terrent au-delà de la montagne homonyme dans leurs palais de Marrakech. )
Cette information, je ne la rapporte ici qu’en guise d’exemple de la catastrophe symbolique ayant eu lieu.
Désormais soumis à un état de siège médiatique permanent, les patrouillages mentaux ne laissant aucun répit, comment des cerveaux harcelés jour et nuit pourraient-ils résister à pareille occupation militaire et policière ? Toute perspective historique éradiquée, c’est une réclusion dans le perpétuel retour du même, sous des formes changeant à chaque instant, que subissent les masses privées de médiation dialectique. Tel est l’essorage subi par les crânes que toute forme de conscience y est réduite à ne fonctionner plus que par clichés.
Un jour, il sera donc établi que notre époque fut le théâtre d’un psychocide
En l’état d’incarcération psychique où se trouve un monde occidental dont les propriétaires ont mis au point, pour forger leur moderne verbiage, un alliage encore jamais testé dans l’Histoire (99 % de mensonges, 1 % de vérité : celle des images), a lieu cette obscène imposture tenant en un paralogisme : le Monstre de Libye doit disparaître, qui met la planète à feu et à sang (du scandale de sa survivance, n’a-t-on pas vu la Terre trembler jusqu’au Japon ?) ; donc, le pétrole de son pays, par lui spolié, doit être confié à notre personnel de l’Arabic Club, accrédité par nos soins, dont l’autorité morale ne saurait être soupçonnée d’obéir à de vulgaires intérêts particuliers… Comment s’étonner si l’une des stars de cette mise en scène – ayant fondé sa carrière sur une récupération de l’idéologie situationniste – a pris son jet privé depuis Marrakech pour s’en aller convertir la Cyrénaïque au Dieu des Armées de la Bible, avant de couronner sa pantomime devant les caméras d’Al Jézira, par un sketche égrillard digne de Lady Gaga ? N’a-t-il pas été prescrit par l’Eternel que face à Rome s’érige un nouveau temple d’Hérode et que l’étoile de Goliath flotte au coeur de la terre d’islam ?
L’histoire mondiale de la diplomatie devait donc voir ses paradigmes séculaires bouleversés en une semaine au Quai d’Orsay, par la grâce d’un pas de deux qui s’inscrit déjà dans les annales de la civilisation occidentale. A peine était mise au repos la ci-devant ministre MAM après sa valse trop serrée avec le Moloch de Carthage, que jaillissait d’un autre jet le héros de l’idolosphère philosophique, pour imposer à Napoléon V, au nom même des conceptions stratégiques exposées par Guy Debord dans son Kriegsspiel, et pour ne pas démériter des exploits réalisés par Napoléon IV au Rwanda (ce pauvre de Grossouvre n’étant plus là pour en témoigner, qu’un souffle emporta dans son bureau de l’Elysée le 7 avril 1994, à l’heure où explosait l’avion d’Habyarimana) – un tempo de marche militaire afin accompagner l’imminent assaut contre le royaume des Lotophages : ainsi, selon l’aède, Homère appelait-il dans son Odyssée les peuplades berbères usant d’une plante identifiée comme le jujubier, pour obtenir certains effets d’oubli…
N’est-ce pas de la bouche du Très-Haut que devait être révélé, à Napoléon V, puis à son nouveau ministre des Affaires étrangères, le nom de qui représente authentiquement ce peuple promis à consommer désormais le Lotto ? Ceux que leurs vieux préjugés rationalistes aveuglaient encore avaient pourtant été prévenus de son message prophétique dans les écrits de BHL : Jérusalem supplante Athènes dans les hiérarchies de l’Esprit.
Cela même qui est l’enjeu de votre oeuvre, comme de celle de György Lukacs, très chère Agnes Heller… Car comment ne pas voir que l’authentique universalité laïque – dont se gargarisent tant les cercles médiatiques – n’existe qu’en tant que promesse, dont la cime porteuse de plus haute sève était la pensée venue de Hegel et de Marx ? Une fois le travail opéré de leur discrédit pour cause de Goulag, une fois donc l’espoir d’émancipation historique intrinsèque à la vision marxiste assassiné, comment s’étonner si d’un tel espoir héritent les tenants d’une prophétie biblique ayant déplacé son centre de gravité vers l’Arabie saoudite ?
Tu signales, chère Agnès, l’antisémitisme infectant davantage encore les attaques dont tu es l’une des victimes de la part des sbires de Victor Orban. György Lukacs n’aurait-il pas ajouté que le judaïsme est le pire des antisémitismes, en tant qu’instituant Israël comme unique légataire de l’héritage abrahamique, par décision divine, au détriment d’Ismaël ? Cette idéologie, depuis 1948, n’est-elle pas l’un des principaux facteurs de conflits sur le globe terrestre ? Ai-je envie d’écrire : « Le ciel ne ment pas » ? Je le peux. Ai-je envie d’écrire : « La mer ne ment pas » ? Je le peux. Ai-je envie d’écrire : « La terre ne ment pas » ? Je ne peux pas…
Plus spécieux que tous les paralogismes ayant justifié les dictatures d’autrefois, le syllogisme sous-entendu par un tel tabou voudrait imposer l’idée selon laquelle cette formule (ainsi que toute pensée s’en approchant), parce qu’elle tomba sous la plume d’un Barrès ou d’un Maurras, en rendrait l’utilisateur complice du génocide !
Par un tel diktat se trouve cautionné rien moins que l’actuel holocauste produit sous les bienveillants auspices des plus hautes instances financières, donc du sionisme international : ne voit-on pas s’accomplir le programme d’une extinction de toutes les cultures paysannes, au profit de la monoculture des industries agroalimentaires ? Ainsi, du Maghreb au Machrek, les peuples amazighs ou kabyles (dits berbères) ne pourraient-ils plus exprimer la nostalgie de leurs terres perdues. Plus au Sud, par centaines de millions déracinés sous les ordres dictés par Banque mondiale et Fonds monétaire international, les Africains sont en outre sommés de ne plus chanter leur terre abandonnée, car ils se montreraient coupables de propagande en faveurde la race aryenne !
Quant aux « races » que je viens d’évoquer, fort présentes à Marrakech, elles ne sont pas les principales qu’y fréquentent les BHL ou DSK en planifiant le destin de l’humanité sur le bord d’une piscine en leurs ryads. L’un et l’autre ne cessent d’accomplir des bonds vers le sommet de la pyramide inversée. « J’ai pris une décision, mais je dois encore un peu réfléchir », prononce le second avec un aussi grave accent que celui de M. Henri Guaino. Aussitôt, la totalité des appareillages techniques (machines et hommes) de la tour Panoptic se met en branle pour faire d’une telle déclaration la substance essentielle du programme de l’opposiion pour les prochaines élections présidentielles. Quant au premier, ne vient-il pas de se propulser à la pointe, enjoignant à Napoléon V l’ordre d’entrer en guerre contre la Libye?
Cet accent-là ne manquait pas non plus de gravité, celle du Dieu des Armées, quand sa voix tonne dans les nuées. Celle que confère, à d’indiscutables autorités morales, rien moins que la voix transcendantale ayant à Moïse confié les Tables de la Loi, comme à Steve Jobs l’iPad, en sorte que nul n’ignore les messages de BHL et de Lady Gaga, de Tunis au Caire en passant par Tripoli. Peut-être, d’ailleurs, après ce précédent, la légitimité d’un gouvernement authentique représentant le peuple cubain sera-t-elle octroyée aux rebelles révolutionnaires qui commandent la base de Guantanamo ?
Il n’est donc plus d’autre théodicée que celle du Capital. Comme l’avait vu Karl Marx, un tel rapport social n’existe pas sans se bouleverser sans cesse lui-même, un saut qualitatif ne pouvant avoir lieu sans conscience d’un dépassement historique. Ce qui ne fut en rien le cas ces dernières semaines au Maghreb et au Machrek. Un processus potentiellement révolutionnaire y existe bien, comparable à la situation en Russie en 1905. Mais il existe un tel abîme stratégique entre les adversaires dans la guerre des classes, que le rapport des forces oppose des satellites à des lance-pierres. Voici un siècle, il n’y avait pas au monde plus haute conscience historique que celle de Lénine. C’était encore vrai cinquante ans plus tard, dans le Cuba de Castro. Puis s’est produite une réversion de la conscience, accélérée depuis l’entrée dans l’ère convulsive en 1971.
Ques’est-il passé au cours du dernier demi-siècle ? Question centrale de l’impubliable roman AJIACO.
La bourgeoisie prit la mesure de ses erreurs stratégiques passées ; son forcing idéologique fut sans précédent. Jadis le Capital, organisé à l’échelle nationale, fondait son pouvoir politique sur l’Etat. De nos jours, il mate les Etats. Ceux du Maghreb et du Machrek, tout inféodés qu’ils fussent, par la pesanteur inertielle et bureaucratique de leurs secteurs publics, devenaient d’évidentes entraves au dynamisme du marché. Capitaux et marchandises ne circulaient plus avec assez de fluidité d’Agadir à Port-Saïd. Il est donc prévu que le citoyen du monde arabe accède, lui aussi, à la modernité occidentale. Il faut qu’il abandonne Allah pour Lady Gaga. N’est-ce pas György Lukacs, chère Agnes Heller, qui disait de l’homme moderne qu’il était « un sans-abri métaphysique » ?
Le capitalisme de la séduction accueille les peuples maures en son paradis.

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