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Déroute pour le Cavaliere


Ces dimanche et lundi 12 et 13 juin 2011, près de six italiens sur dix se sont mobilisés pour exprimer leur voix dans le cadre d’un triple référendum sur le nucléaire, la privatisation de l’eau et la possibilité pour un ministre de ne pas comparaître dans un procès le concernant. Moins de deux semaines après la cinglante défaite de la coalition de centre droit aux élections communales, il s’agit sans conteste d’un vote historique. Dont la nature peut être interprétée au regard de la lente agonie de la IIème République, née au début des années nonante sur les cendres de l’opération Mains propres et qui a vu l’avènement de Silvio Berlusconi sur la scène politique italienne. Cela faisait en effet seize ans que le quorum n’avait plus été atteint dans le cadre d’une consultation populaire. Relevons par ailleurs qu’il s’agissait d’un référendum abrogatif, et que les électeurs se sont exprimés à plus de 95% pour la suppression des normes d’inspiration gouvernementale, y compris celle sur la justice, dont la portée politique n’échappait à personne.
Ce qui frappe le plus à l’analyse des résultats du référendum, outre l’ampleur totalement inattendue du quorum, est qu’ils traduisent une déconnexion criante entre M. Berlusconi et un part toujours plus importante des Italiens. Sa prodigieuse capacité à percevoir l’humeur de la population, son mode de communication directe par le biais d’une présence médiatique permanente semblent désormais ne plus porter leurs fruits. En ce sens, à la suite des mouvements sociaux de l’année dernière (femmes et étudiants), la défaite aux élections communales et, en particulier, la perte de Milan, berceau de l’ascension berlusconienne, cœur de l’empire télévisuel du Cavaliere, avait sonné voici deux semaines comme un ultimatum.
De l’aveu même de ses proches, le message électoral du premier ministre, diffusé en simultanée sur les cinq journaux télévisés publics et privés durant l’entre-deux-tours, ses déclarations présentant le candidat de centre gauche milanais comme « le favori d’Al Qaida et des Roms » avaient sans doute accéléré la déconvenue. Dans un pays dont la croissance annuelle est de l’ordre d’un 1% du PIB, le taux d’inoccupation chez les jeunes de plus de 40%, la parole berlusconienne, axée sur la diabolisation de la magistrature et le retour du bolchévisme, avait parue hors propos, coupée de la réalité socio-économique du pays.
La défaite aux communales était donc un message clairement adressé à M. Berlusconi, dont le lien direct avec l’électorat était jusqu’à aujourd’hui la marque de fabrique politique. Ce message traduisait une volonté forte de recitoyennisation de l’électorat face à ce qu’il considérait être une forme de prévarication dans l’exercice du pouvoir. Une volonté d’être de nouveau partie intégrante des institutions. De l’Etat. Sans même évoquer l’incidence des facteurs éthiques et moraux, dont l’importance n’est plus à démontrer dans la trajectoire des nations, depuis plusieurs mois, un des principaux fondements du succès de M. Berlusconi, si pas le principal – entrepreneur à succès, je maîtrise la réalité productive et je suis donc à même, par mon savoir-faire, d’augmenter le niveau de vie du pays – apparaissait aux yeux du plus grand nombre comme une supercherie ad personam. Les sondages, publiés à la veille du référendum, plaçant le premier ministre en quatrième position parmi les candidats souhaités par les électeurs du centre droit pour les représenter aux prochaines législatives ont d’ailleurs incité son propre camp à tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être en évoquant publiquement sa possible succession.
Mais à l’image du Vicomte pourfendu d’Italo Calvino, M. Berlusconi semble avoir désormais égaré une moitié de son être, celle qui le tenait relié à l’humeur des Italiens. Indifférents aux conseils de ses proches, sourd au roulement des tambours démocratiques, il a une fois de plus transformé ce qui aurait pu demeurer un acte citoyen sur le nucléaire, l’eau et la justice – un acte d’exercice citoyen de la fonction législative – en un défi électoral de nature plébiscitaire. Comme pour la stratégie déployée lors des communales, l’appel à déserter les isoloirs, la communication de dates de scrutin erronées par ses journaux télévisés, les invectives répétées contre des journalistes « communistes » ont eu l’effet inverse de celui escompté. La défaite personnelle est cinglante. Elle est celle d’une manière particulière et autrefois victorieuse d’exercer la politique. Peut-être pas celle d’un système.
Que va-t-il se passer à présent ? Probablement rien d’ici au 22 juin, date du vote sur l’ajustement budgétaire. Si une démission de M. Berlusconi semble exclue, son destin politique n’est cependant plus entre ses mains. La coalition de centre droit a en effet perdu de son homogénéité. Plusieurs groupuscules s’en sont détachés pour conditionner, en échange de postes de ministres et de secrétaires d’Etat, leur appui au gouvernement. Par ailleurs, la Ligue du Nord a entamé voici plusieurs semaines un processus de distanciation politique. Processus qui va inévitablement s’accélérer avec le résultat des référendums. A très court terme, tant que la réforme fédérale souhaitée par le mouvement nordiste ne sera pas menée à son terme, les hommes d’Umberto Bossi n’ont cependant pas d’intérêt objectif à faire chuter l’exécutif. Mais une fois ce résultat engrangé et afin d’éviter de sombrer avec un allié désormais désavoué, il semble acquis que les nordistes auront tout à gagner à cesser de cautionner une politique qui n’est plus en phase avec les préoccupations du pays. La survie du mouvement pourrait en dépend. Et, à cet égard, les amis politiques se soucient rarement de passer pour cruels lorsqu’est en jeu leur identité propre : « Nous sommes un mouvement de contestation, notre vocation est de lutter contre un pouvoir déconnecté des réalités de terrain, quel qu’il soit, un pouvoir qui ne pense qu’à lui, dont le cœur ne bat plus au rythme des préoccupations citoyennes. » Ces mots sont d’Umberto Bossi. Ils ont été prononcés en 1993, quelques semaines avant l’effondrement de la première République.

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