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Famille, je vous…


Un héros, Félicité Herzog, Paris : Grasset, 2012. 302 p. 18 €

J’ai un parti-pris : je crois que tout roman me dit la vérité. Celle de la fiction, qui recompose les éléments du réel pour nous transmettre une expérience que nous ne pourrons pas vivre autrement. Félicité Herzog le fait ici au nom de son frère Laurent, sous l’ombre terrible de leur père, Maurice Herzog, grande figure de la politique française et premier triomphateur (supposé) de l’Himmalaya. Un récit terrifiant où l’on découvre une sorte de monstre dévorant tout pour nourrir sa gloire et assouvir sa soif de reconnaissance, et un enfant qui, petit à petit, se laissera dévorer par une effrayante folie.
Dommage que l’auteur n’ait pas concentré son propos sur ce duo et qu’elle ait consacré trop de temps à la grande famille dont elle descend, industriels et nobles confondus dans un même aveuglement et les mêmes préjugés, ou à ses débuts dans les affaires à Wall Street. Mais si l’on excepte ces quelques passages, voilà un roman familial d’une rare puissance, qui plus est remarquablement bien écrit.

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