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Il n’a donc rien vu venir…


bersaniLa détresse mêlée d’incrédulité affichée par Pier Luigi Bersani lors de sa conférence de presse de ce mardi 26 février 2013, lendemain de vote, est terriblement inquiétante. A l’entendre exprimer son désarroi, on pourrait finir par se demander si, comme le Léon XIII des Caves du Vatican d’André Gide, le vrai leader du Parti démocratique n’a pas été enlevé par un groupe de comploteurs du camp adverse et remplacé par un figurant. Car il est difficilement crédible que celui qui se considérait hier encore comme le Premier Ministre in pectore du pays n’ait rien vu venir. Ou, plutôt, qu’il n’ait vu partir aucun des trois millions et demi d’électeurs qui ont quitté son parti depuis 2008. Et ce, malgré la crise dite libérale, l’effondrement du centre-droit, les scandales berlusconiens, la faillite montienne et le prétendu folklore grillien. Mais si la personne à la mine défaite aperçue hier par les journalistes, les mains anxieusement agrippées au pupitre de bois, était bel et bien de Pier Luigi Bersani, cela signifierait alors que l’autocélébration des dernières semaines, le dédain vis-à-vis des propositions rocambolesques mais ô combien efficaces de Silvio Berlusconi, voire la condescendance amusée pour les millions de jeunes enivrés par la rhétorique du tribun du net n’avaient rien de feint. Que toutes ces attitudes étaient sincères.

Cette déconnexion de la réalité expliquerait dès lors le caractère absurde des leçons que tire l’ancien futur premier ministre italien du désastre électoral. « Il nous faut écouter le message des urnes », nous dit-il. Puis il ajoute sans rire : « Pour sortir le pays de l’ornière, nous devons mener des réformes institutionnelles fortes, prendre des mesures en matière de moralité publique, défendre les catégories les plus touchées par la crise, mener une politique visant à favoriser le travail, payer la dette de l’Etat vis-à-vis des entreprises, supprimer la hausse de la TVA.» Mais comment expliquer un tel décalage entre le message de celui qui aurait pu être amené à diriger le pays et sa population ? Car, au fond, ces requêtes n’avaient-elles pas été exprimées par les deux millions huit cent mille personnes qui ont participé, physiquement et via le net, à la manifestation de ras-le-bol organisée par Beppe Grillo à Turin en 2008 ? N’était-ce pas, déjà, les conclusions des débats programmatiques citoyens menés par le Mouvement Cinq Etoiles six mois plus tôt ?

Au lieu de diaboliser le comique génois, de le comparer, comme l’on fait plusieurs ténors du Parti démocrate, à Mussolini, Hitler ou Goebbels, n’eut-il pas été préférable d’ouvrir bien grandes les écoutilles et de répondre à la souffrance des Italiens par des actions concrètes ? Et plutôt que de concourir à la confiscation du débat public pour voter sans sourciller, comme un étudiant craignant la réprimande, l’ensemble des mesures rigoristes du gouvernement Monti, non adéquatement compensées pour les catégories plus faibles, n’eut-il pas été préférable de rendre la parole au peuple en novembre 2011, par la voie des urnes, comme beaucoup d’analystes, dont j’étais, le préconisait ? La BCE venait pourtant d’acheter cent milliards de bons d’état italiens pour calmer les marchés. Ces derniers n’auraient-ils pas été à même de patienter deux mois, le temps du scrutin, pour doter le pays d’une majorité politiquement stable qui, à n’en pas douter, aurait alors été de centre-gauche ? Et pourquoi, en tant que parti de gauche, ne pas s’être opposé aux mesures inflationnistes comme la hausse de la TVA sur l’énergie et les produits alimentaires qui ont dramatiquement mis à mal le pouvoir d’achat des Italiens ? Pourquoi ne pas l’avoir fait lorsque huit cent cinquante mille familles italiennes ont introduit une demande d’étalement du paiement des factures d’énergie ?

Pourquoi ne pas avoir exigé la réforme d’une architecture institutionnelle et politique au coût exorbitant, dont on sait par ailleurs l’inefficience et la collusion affairiste dans plusieurs régions géographiques du pays ? Pourquoi ne pas avoir réclamé, quitte à se démettre tout en expliquant les raisons de la démission comme le fera (fallacieusement) Silvio Berlusconi quelques mois plus tard, des mesures compensatoires en termes de croissance pour relancer le marché de l’emploi ? C’est en grande partie pour ces raison (et bien d’autres encore, mais là n’est pas le propos) que le Mouvement Cinq Etoiles a réalisé des scores exceptionnels dans les régions les plus touchées par la crise économique, les  Pouilles, la Basilicate, la Calabre, les Abruzzes, qu’il a doublé son score en Sicile et dans les villes où il est aux commandes. Et tout cela sans même que le principal artisan de ce triomphe ne s’en soit rendu compte. A écouter M. Bersani, et à travers lui tout le centre-gauche, il nous vient l’envie de paraphraser La Boétie : Ils échouent si bien et si volontiers qu’ils ne semblent pas avoir perdu la bataille mais gagné leur défaite.

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Une réaction sur “Il n’a donc rien vu venir…”

  1. Je suis bien d’accord sur tout, et particulièrement sur la citation de la Boétie qui sied en effet très bien à la gauche italienne. J’ajouterais que la gauche se voit également lourdement reprocher le fait de ne pas avoir, quand elle pouvait le faire, introduit une loi sur le conflit d’intérets ni modifié la loi électorale… Pour le reste c’est exactement ce que vous avez décrit, un énorme décollage par rapport au réel (il suffit de penser aux étroits rapports entre les syndicats nationaux et le Pd, l’ennui c’est que des tranches entières de la population ne sont représentées par aucun syndicat – les ‘jeunes’ par exemple, qu’ils travaillent ou non, et les ‘partite iva’, pour ne pas parler des petits entrepreneurs etc…), un leader qui n’en est pas vraiment un (Bersani n’a aucun charisme et on finit toujours par voter Pd sans enthousiasme, en pensant que c’est la moins pire des solutions, de là a changer de camp il n’y a qu’un petit pas), aucun véritable effort de compréhension de la situation actuelle ni meme de programme électoral sérieux – j’ai suivi toute la campagne électorale, j’attends encore de découvrir les points du programme de la gauche de Bersani….
    En fait la cloture de la campagne fut un moment parfaitement emblématique: Grillo se trouvait a San Giovanni avec un bon demi million d’italiens désireux de changement, Bersani et les siens s’étaient enfermés dans un théatre en compagnie de cette icone d’autres temps qu’est Nanni Moretti (tout mon respect pour le cinéaste mais c’est un choix qui en dit vraiment long). Bref, convaincus de leur supériorité morale, du fait que d’avoir fait les ‘primarie’ était suffisant pour s’octroyer la victoire, voire meme un peu snob (Grillo a toujours été taxé de dangereux populiste, sans que personne ne songe à l’écouter/cherhcer de comprendre le programme de M5S ni surtout pas de dialoguer avec eux), il faut avouer que le Pd a travaillé dur pour obtenir cette défaite et surtout qu’il se l’est bien mérité…

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