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La révolution social-démocrate


La semaine qui vient de s’écouler a mis en exergue de manière éclatante l’impasse idéologique dans laquelle se trouve la gauche italienne. Voici quelques jours, le leader du Parti démocrate Pierluigi Bersani s’engageait en effet à ratifier, le 17 mars prochain, le Manifeste de Paris en compagnie de François Hollande, le candidat socialiste aux prochaines présidentielles françaises, Sigmar Gabriel, le leader du SPD allemand et Elio Di Rupo, le premier ministre belge. Le moment aura une portée historique car il s’agira, annonce l’état-major démocrate, d’un programme commun fort et innovant pour la nouvelle social-démocratie européenne.
Lorsque l’on sait que les citoyens de trois des quatre pays concernés (les quatre si l’on tient compte des élections fédérées belges) se rendront aux urnes dans les prochains dix-huit mois, le moment nous semble en effet approprié d’annoncer une identité programmatique qui, précise-t-on toutefois, est encore à définir. Néanmoins, pour appâter les observateurs et, bien plus encore, les électeurs potentiels, les idéologues de la nouvelle social-démocratie proclament que les trois lignes directrices du programme seront la solidarité, la démocratie et la croissance. L’attente fut longue mais nous voilà récompensés ! En termes d’innovation politique, on peut difficilement faire mieux. La dialectique politique du siècle à venir risque d’ailleurs d’en être bouleversée. Car il va de soi, si nous considérons l’exemple italien, que les centristes de M. Casini et les forces de droite se distinguent radicalement de ces visées sociale-démocrates en contestant sans cesse, dans le débat public, le bienfondé des concepts de solidarité, de démocratie et de croissance.
Si l’on s’éloigne un instant du caractère presque risible de cette annonce, les carences identitaires de la gauche italienne ont trouvé une illustration parfaite dans l’actualité récente. Le gouvernement de Mario Monti a en effet présenté, lors de la semaine écoulée, ses principales mesures pour réformer le marché du travail. Précisons d’emblée que l’économie italienne connaît une récession accrue et que sa demande interne est en chute libre. L’idée d’une réforme est donc la bienvenue. La norme phare devrait être la refonte de l’article 18 du Code du travail, visant à faciliter les licenciements afin de stimuler les embauches. En clair, si un chef d’entreprise sait qu’il peut rompre plus aisément les contrats de travail qui le lient à ses employés, il recrutera davantage. En contrepartie, les syndicats exigent que le droit au chômage soit élargi à une assiette plus large de travailleurs. Aujourd’hui, en effet, seuls quatre des douze millions de salariés italiens sont couverts par la sécurité sociale en cas de perte d’emploi. Si l’on facilite les licenciements, disent les syndicats, il faut donc étendre le filet protecteur au risque de pénaliser la consommation et, surtout, d’accroître à terme la paupérisation. « Nous partageons votre constat », rétorque en substance la Ministre du Travail Elsa Fornero, « mais nous n’avons pas d’argent pour financer une couverture sociale plus ample, hormis en augmentant les prélèvements sur les revenus des salariés eux-mêmes. » Salaires parmi les plus bas d’Europe. Mme Fornero ajoute : « Cette réforme sera menée à bien d’une manière ou d’une autre, même sans l’accord des partenaires sociaux. Il s’agit d’une revendication européenne à laquelle nous ne pouvons échapper. »
Logiquement, les centristes de M. Casini, alliés naturels du Gouvernement Monti, et le Parti de la Liberté de M. Berlusconi (aujourd’hui dirigé, du moins officiellement, par M. Alfano) soutiennent la réforme. Nous sommes, en effet, dans une conception purement utilitariste de la politique. La Ministre du travail fonde sa prise de décision sur le fait que même si une catégorie de citoyens est pénalisée au détriment d’une autre dans ses droits, la société dans son ensemble verra sa satisfaction globale maximisée. En revanche, nous pourrions nous attendre à ce que le parti signataire du révolutionnaire Manifeste de Paris s’oppose, ne fut-ce que sur le plan de la conception philosophique, à la manière de procéder de la ministre Fornero. Qu’il invoque précisément le principe de solidarité.
Nous savons en effet qu’un des ressorts clés de la social-démocratie est le mécanisme de compensation, selon lequel on peut admettre l’octroi d’avantages pour les uns (mêmes injustes, en apparence) s’ils sont compensés par des avantages pour les autres. La social-démocratie nie par définition que l’on puisse prendre le risque de sacrifier une catégorie d’individus, que l’on puisse la paupériser davantage au profit d’une autre. C’est également en vertu de ce principe que la non-indexation des pensions au-delà de 1000 euros, la probable instauration d’une Tva sociale, l’instauration d’une taxe supplémentaire sur la première habitation (qui touchent 70% des pensionnés) sans impôt compensatoire sur le patrimoine, la baisse du taux d’imposition sur les hauts revenus et le prélèvement d’un 1,5% seulement sur les capitaux rapatriés de l’étranger (au lieu des 5% initialement prévus) devraient être contestés. Ou du moins dignement compensés.
Dans le cas contraire, la solidarité chère aux révolutionnaires du Manifeste de Paris seraient grandement mise à mal. Par ailleurs, imposer ces mesures aux catégories les plus fragilisées, comme les pensionnés et les salariés, paraît également de nature à pénaliser la relance de l’économie par la croissance, autre principe fondateur de la social-démocratie du XXIème siècle. Tout comme la volonté de la Ministre Fornero de ratifier ces normes sans l’accord des syndicats semble une entorse non négligeable à la promotion du débat démocratique affichée par nos quatre amis socio-démocrates. Relevons, en outre, que le gouvernement Monti adoptera ces mesures en posant la question de confiance aux Assemblées législatives – la huitième depuis son intronisation en novembre ! – afin d’éviter le débat parlementaire.
Quelle ne fut donc pas notre surprise de constater que le Parti démocrate confirmait son soutien à Mme Fornero et au gouvernement Monti. M. Bersani accepte désormais, au nom de la nouvelle doctrine social-démocrate, que le patrimoine du Vatican ne soit pas visé par l’impôt immobilier, contrairement aux demeures des pensionnés. Que la réforme des coûts du système politique ne figure plus au rang des priorités compensatoires. Que la réduction de l’écart entre la taxation sur le travail, de l’ordre de 36 %, et celle sur les revenus financiers (seulement 20%) ne soit plus prioritaire. Mieux : Walter Veltroni, un des principaux leaders du Parti démocrate, annonce qu’il ne faut en rien entraver la marche de l’exécutif. « Nous ne pouvons livrer les bienfaits du gouvernement Monti sur un plateau à la droite », avertit-il. Certains de ses collègues plaident même ouvertement pour une candidature de Mario Monti aux prochaines législatives dans les rangs de la gauche.
Toutes ces prises de positions sont naturellement légitimes. Respectables. Toutefois, en vertu d’un tel unanimisme, ne gagnerait-on pas en clarté en admettant ouvertement la labellisation d’un modèle unique de gestion politique ? Si la révolution social-démocrate du XXIème siècle revient à faire disparaître sous une rhétorique creuse les fondements mêmes de la social-démocratie, et ainsi les dernières illusions d’une alternative idéologique, ne faut-il pas repenser le fonctionnement de nos démocraties dans un sens purement logistique ? Peut-être est-ce d’ailleurs de cette manière que nous devons interpréter ce récent sondage selon lequel 60 % des Italiens considèrent que les partis politiques ne doivent plus exercer, à l’avenir, de rôle central dans la gestion des sociétés.

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