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La soutenable pesanteur du monde


L’enfant grec, Vassilis Alexakis, Paris : Stock, 2012. 316 p. 20 €

“Quelle que soit l’histoire qu’on raconte, je ne suis pas convainu qu’elle présente plus d’intérêt que l’aventure de son élaboration même.” Tout le programme de cet étonnant roman est là. Au départ, on a l’impression qu’il s’agit d’une autobiographie ; mais Alexakis est coutumier de cette ruse. Le narrateur, qui lui ressemble comme deux gouttes d’Ouzo, a subi une opération. Il se remet lentement. Des souvenirs affluent, mais pas seulement ; des bribes d’imaginaire aussi, de plus en plus nombreuses, qui rendent floues les frontières du réel. Le tout entremêlé d’érudition ironique et souvent passionnante (vous saurez tout sur Guignol, ses origines et ses correspondants étrangers), mais aussi de réflexions (im)pertinentes sur la situation de la Grèce et l’état de notre monde. Sans oublier les “anecdotes” lourdes de sens et si peu anecdotiques que suscite cette crise dans une population désorientée et fragilisées à l’extrême.
Ne faut-il pas toujours mieux parler des choses graves avec légèreté ?

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