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Le monde comme il s’en va, 11,8,6


Souvent, le « regard du professionnel » est assez étroitement circonscrit, comme le notait le reporter de guerre Ryszard Kapucinski, qui couvrait la « guerre du football » entre le Honduras et le Salvador en 1969 :

«Gregor Straub de NBC a dit qu’il devait avoir en gros plan le visage d’un soldat dégoulinant de sueur tamiflu price. L’opérateur français voulait avoir une vue panoramique avec d’un côté un détachement du Honduras, de l’autre un détachement du Salvador, ou vice-versa. Un autre encore tenait beaucoup à prendre un soldat en train de porter un ami tué peu auparavant. Enrique Amado de Radio Mundo voulait enregistrer un gémissement de soldat blessé implorant de l’aide, de plus en plus faiblement, jusqu’au dernier soupir. Charles Meadows de Radio Canada voulait avoir la voix d’un soldat qui, dans le feu de l’action, maudit la guerre. Naotake Mochida de Radio Japan voulait avoir les hurlements d’un officier qui, couvrant le grondement des canons, discute avec un supérieur dans un radio-téléphone japonais»

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