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Le monde comme il s’en va, 68


Le quartier de Wedding, au nord de Berlin, a décidé de décoloniser une partie de son espace public. Les rues dédiées à Carl Peters « le pendeur » coupable d’exactions et de massacres en Ouganda et au Zambèze, à Adolf Lüderitz, marchand de tabac considère comme l’un des instigateurs du genocide en Namibie, et à Gustav Nachtigal, explorateur et commissaire du Reich au XIXème siècle pour l’Afrique de l’Est vont changer de nom : en attendant la suppression du nom de l’actuelle Mohrenstrasse (la « rue Nègre ») par la Ville elle-même.

Et ici ? Il n’est pas question d’interroger « l’action » du bandit Léopold II au Congo – où il n’a même jamais mis les pieds, se contentant de tracer son territoire privé sur les cartes dans son château royal, avant de le léguer à l’Etat Belge. On attend toujours que les noms de ses généraux tortionnaires soient effacés des plaques de rue où ils sont toujours inscrits à Bruxelles et ailleurs ; comme on attend toujours qu’il ait quelque part un lieu pour saluer la mémoire de Patrice Lumumba, « à éliminer » selon les termes mêmes de Baudouin 1er.

Tandis que, sur la digue d’Ostende, une main coupée court toujours…

 

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