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Le sommeil paisible du Cavaliere


1159533_berlusconi-sonnellino-dorme-dallas-tuttacronaca_thumbComme le laissait entrevoir la réélection de Giorgio Napolitano à la Présidence de la République, le gouvernement de large coalition concocté par Enrico Letta a aisément obtenu l’investiture du Parlement italien. Le moment est historique puisque jamais encore, dans l’histoire républicaine, les coalitions de centre-gauche et de centre-droite s’étaient trouvées réunies dans un même exécutif.

L’équipe gouvernementale est relativement restreinte. Elle comporte vingt-et-un ministres, sept femmes, un record, un membre d’origine africaine, une première. Par ailleurs, sa moyenne d’âge, cinquante-trois ans, relève de la maternelle politique si l’on pense que la première élection du chef de l’état remonte à 1953. Pour ce qui est de l’équilibre politique, l’attelage est incontestablement conduit par le Peuple de la Liberté. Numériquement, le Parti Démocrate compte davantage de portefeuilles – 9 contre 5. Mais aucun des ténors du parti, jeunes ou moins jeunes, hormis Dario Franceschini, n’a rejoint l’exécutif. Alors que les troupes berlusconiennes sont emmenées par leur secrétaire général et comporte plusieurs poids lourds. Autre enseignement : la couleur du gouvernement tire sur le bleu. En raison de la présence, en son sein, du centre-droit et des disciples de Mario Monti, certes, mais surtout parce que l’aile gauche du Parti Démocrate a choisi de ne pas y entrer. Sans doute par souci de ne pas hypothéquer l’avenir, en cas de scission, en cautionnant une alliance électoralement préjudiciable. Rappelons que l’ensemble du Parti Démocrate, et Monsieur Letta en particulier, avaient axé l’entièreté de la campagne électorale sur la promesse de ne plus jamais gouverner, après la triste expérience montienne, avec un Cavaliere discrédité par les affaires de corruption, et dont il venait d’être avéré qu’il avait fait chuter le gouvernement Prodi – fondateur du Parti Démocrate – en soudoyant plusieurs députés du centre-gauche (deux d’entre eux sont passés aux aveux).

Mais si la mise sur pied du gouvernement Letta est assurément une victoire politique de Silvio Berlusconi, elle est également, et cela est bien plus important encore, une victoire culturelle. La simple lecture de la feuille de route du nouvel exécutif permet de s’en rendre compte. Rien ne s’y trouve, en effet, sur la réforme de l’architecture institutionnelle du pays. Sur la réduction du nombre pléthorique des élus. Sur la refonte des milliers de parastataux, dont beaucoup sont inutiles et gangrénés par la corruption et le crime organisé. Pas un mot, contrairement à ce qui avait été promis durant la campagne électorale, sur la résolution du conflit d’intérêts qui lacère le pays depuis vingt ans. Rien sur la réforme de l’audiovisuel. Silence absolu sur la réforme de la justice. Sur la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. De même sur l’adoption d’une loi anti-corruption digne de ce nom et réclamée à cors et à cris par le Conseil Supérieur de la Magistrature. Sur l’adoption de mesures visant à garantir la moralité publique, autre promesse de campagne et sujet extrêmement sensible dans l’opinion publique.

« Nous faisons nôtres chaque parole prononcée par le Premier ministre », a déclaré Sandro Bondi, bras droit de Silvio Berlusconi, dans la foulée du vote. « L’adversaire d’hier a fait fondre comme neige au soleil les affrontements passés », a ajouté le chef de groupe du Peuple de la Liberté, « nous pouvons maintenant dire adieu aux fruits empoisonnés du siècle dernier ». L’euphorie du centre-droite résume à elle seule la situation. Tout semble se dérouler comme dans une vaste opération de pacification. Comme si les lois ad personam relevaient désormais d’une époque révolue. Comme si les charges du Cavaliere contre une magistrature assimilée (dixit) à un cancer de la démocratie n’avaient jamais eu lieu. Oubliée les accusations (prescrites et en cours) pour corruption. Pour fraude fiscale. L’alliance avec l’extrême droite. Les déclarations dithyrambiques sur les bienfaits du mussolinisme. Les blagues antisémites. Les propos xénophobes. Le kapo lancé au visage de Martin Shulz en pleine session du Parlement européen. Les condamnations de plusieurs membres du Peuple de la Liberté pour collusion avec le crime organisé. Oubliées les places en liesse la nuit du 12 novembre 2011, les journaux du lendemain, nationaux et internationaux, célébrant, dans une précipitation aveugle, la fin du berlusconisme.

« Nous allons faire un bout de chemin côte à côte et, ensuite, nous serons une fois encore adversaires », déclarait ce matin Dario Franceschini, ancien leader du Parti Démocrate et membre du nouvel exécutif. Faux. Et consciemment mensonger. A défaut d’avoir été en mesure de la résoudre, le système, sous l’impulsion du centre-gauche, intègre aujourd’hui l’anomalie berlusconienne. Il la digère. L’assimile culturellement. Par confort. Après avoir contribué à le créer, puis l’avoir faussement voué aux gémonies, le Parti Démocrate fait aujourd’hui de Silvio Berlusconi un sage de la République. Le garant de la tenue d’un exécutif. Par crainte de procéder à ces réformes qui mettraient à mal ses propres positions. Alors que plusieurs sentences judiciaires sont sur le point de tomber, il le sacralise. Lui assure une sorte d’immunité politique. Question : Après en avoir fait l’aiguillon de l’attelage gouvernemental, le Parti Démocrate voterait-il l’inéligibilité de son allié si une condamnation définitive devait tomber dans les prochains mois ? Bien sûr que non. Au nom de la crise économique. De l’urgence financière. Malgré les souhaits de son électorat (ou de ce qu’il en restera). Et les probables déclarations d’intention. C’est ce que l’on appelle un suicide politique. Vertu, tu n’es qu’un mot, disait Brutus en se jetant sur son épée.

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