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Les nouveaux pays de Marie-Hélène Lafon


Les pays, Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel, 203 pages, 15 €

La troisième partie du roman est une merveille de sensibilité, de justesse et d’écriture. On y suit le séjour parisien annuel d’un paysan du Cantal chez sa fille enseignante. Tout y est en décalage, en rupture, pour le vieil homme: l’heure du réveil, la nourriture, le métro (dont le wagon contient plus de monde que n’en possède sa commune), les complexes cinématographiques (dont les matériaux l’émerveillent, sans cependant comprendre qu’on puisse y investir pareilles sommes), le Louvre (qui le fascine en l’étourdissant un peu).
Après s’être attachée à ceux qui restent dans Les Derniers Indiens et L’Annonce, Marie-Hélène Lafon, dont il est temps de reconnaître l’immense talent, se penche, avec Les Pays, sur ceux qui partent. Les pays, ce sont ces découvertes faites par son héroïne, son double fictionnel, qui a quitté son Cantal natal pour venir suivre à Paris des études de latin-grec: la grande ville avec son métro et ses nouvelles odeurs, sa chambre dans le quartier chinois, les amphithéâtres de la Sorbonne ou ses différentes rencontres, autant de fenêtres ouvertes sur des mondes qui lui étaient jusqu’alors inconnus. Une évocation profondément émouvante de cette période de basculement dans un ailleurs incertain.

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