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L’histoire mouvementée de l’Arche de la Défense


IMAGE_20160120_31137591-644x365La Grande Arche, par Laurence Cossé, Gallimard, 355 p., 21 €

D’abord un nouveau coup de gueule contre les éditeurs qui appellent «romans» des livres qui n’en sont pas du tout – il paraît que le mot fait mieux vendre mais est-ce une raison suffisante? Déjà, pour des livres autobiographiques, sous prétexte que tout n’est pas à 100% fidèle à la réalité, c’est gonflant. Mais alors, pour un document politico-historique respectant minutieusement le déroulement des faits, donnant les noms exacts et, en plus, s’appuyant sur des films et de nombreux témoignages, cela s’appelle de la tromperie. C’est promettre au lecteur un univers fictif avec des personnages imaginaires, soit tout le contraire de ce récit. Et c’est d’autant plus dommage que Laurence Cossé est une excellente écrivaine (Les Amandes amères, paru en 2011, est par exemple un bijou) et que son livre est passionnant. Comme un roman? Allons, allons…

Donc La Grande Arche raconte, par le menu, l’histoire de la création de la Grande Arche de la Fraternité (c’est son nom officiel) dans le quartier de la Défense, à l’extrémité de la «voie royale» tracée à partir de la cour du Louvre. Une histoire qui méritait d’être racontée tant elle est rocambolesque, pleine de rebondissements et de coups de théâtre. Première étape: le choix du projet. Quatre finalistes sont retenus parmi les 424 dossiers arrivés (sur 897 inscrits). Tous anonymes. Le gagnant est un architecte danois totalement inconnu (y compris dans son pays), Johan Otto von Spreckelsen, qu’il est d’ailleurs difficile de retrouver. Son «Cube» (c’est ainsi qu’il l’appelle) est préféré par François Mitterrand (ainsi que par Robert Lion, l’organisateur du concours) au Mur de lumières des Français Viguier et Jodry choisi par le jury. La_Grande_Arche_de_la_DéfenseComme le rappelle Laurence Cossé, dont le livre est le fruit d’une véritable enquête, la question de l’aménagement du lieu, à côté du CNIT inauguré en 1958, se pose depuis la fin des années 1960. Après des années d’atermoiements, le président socialiste nouvellement élu se saisit du dossier l’été 1981 (à la surprise de ses proches, précise-t-elle). Cette Arche s’inscrit parmi ses «grands travaux» avec la Pyramide du Louvre, la Bibliothèque nationale de France (qui porte son nom), le Grand Louvre, l’Opéra Bastille, le Parc de la Villette et l’Institut du Monde arabe.

De nombreuses questions vont rapidement se poser. Que mettre dans l’Arche et ses 80000 m² de bureaux? Et notamment dans son toit, l’espace le plus convoité? Il est question d’un Centre international de la Communication qui va prendre différentes formes sans jamais voir le jour (on est avant l’explosion d’Internet) puis d’une Fondation internationale des droits de l’homme qui restera lettre morte. Quelle doit-être sa taille afin qu’il ne soit pas trop massif sous l’Arc de Triomphe? Au cœur de l’été 1983, une simulation est réalisée par le levage d’une maquette du toit de dix tonnes. A tout cela, s’ajoute des divergences entre les différents acteurs du dossier.

1269006465836Suivant l’affaire de très près, Mitterrand soutient «Spreck». Quitte à la suivre, contre l’avis des experts, dans l’erreur de ne pas traiter le marbre extérieur afin de conserver sa «patine naturelle». En 2014, il aura tant souffert, qu’il faudra en dépouiller totalement le bâtiment. Suite aux élections législatives perdues de 1986, qui voient la formation d’un gouvernement revanchard et réactionnaire dirigé par Jacques Chirac, le président perd la main et Alain Juppé, ministre du Budget, ne pense qu’en termes d’économies. Comme il n’est plus possible d’arrêter les travaux (poussés par Mitterrand, ses maîtres d’œuvre ont passé la vitesse supérieure durant les mois précédents la défaire électorale annoncée afin que la construction soit irréversible), c’est la question de son occupation qui devient prioritaire. Va alors se jouer une guerre d’usure entre les différents responsables du projet et Christian Pellerin, promoteur immobilier qui, à la fin des années 70, a été l’un des seuls à croire en la Défense où il a fait construire plusieurs immeubles. Et il s’en faut de peu que ce «nabab» ne décroche aussi l’Arche.

Cette évolution déplaît fortement à «Spreck». Déjà, ont disparu les «nuages cristallins» à l’intérieur et de part et d’autre de l’Arche qui figuraient dans son projet initial. Et au fil des mois et des tractations, il voit son ambition humaniste – «Un art de Triomphe moderne à la gloire du triomphe de l’humanité» (d’où le nom officiel de l’Arche de la Fraternité) – remplacée par une dimension commerciale qui lui déplaît fortement. Pas très souple ni accommodant, il ne comprend pas que la décision initiale ne soit pas intégralement respectée et soit, de surcroît, remise en question par un changement de majorité politique, chose impensable au Danemark. Mais le «coup de grâce» est la «densification des Collines», soit la construction, autour de l’Arche, de building plus nombreux et plus hauts que prévus, ce qui, à ses yeux, va dénaturer l’ensemble. Il fait plusieurs contre-propositions, toutes refusées, et, de guerre lasse, en juin 1986, démissionne – événement extrêmement rare qui sera longtemps tenu secret. Rentré au Dannemark, il ne veut plus rien savoir. Fin février 1987, il accepte pourtant de venir se rendre compte du projet des Collines qui a été choisi suite à un concours. Mais au dernier moment, il annule sa visite et meurt quelques jours plus tard, le 16 mars. Ainsi, il n’aura pas vu l’inauguration de son Arche le 18 juillet 1989 dans le cadre de la célébration du bicentenaire de la Révolution française.

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