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Noir c’est noir : trois polars de choix


Le duo Giacometti-Ravenne écrit depuis une dizaine d’années des thrillers ésotériques d’excellente facture, mêlant des intrigues contemporaines à des sujets toujours nimbés de mystères comme les Templiers, la franc-maçonnerie, les illuminati ou le secret de Rennes-le-Château. Dans leur nouveau livre, Conspiration, les deux histoires entremêlées sont aussi intrigantes l’une que l’autre : la contemporaine voit le commissaire franc-maçon Antoine Marcas enquêter sur Skull ans Bones, la société secrète de l’université de Yale, aux Etats-Unis, l’historique a pour cadre la Révolution française, la rivalité entre Danton et Robespierre et la profanation de la basilique de Saint-Denis. Sur tous ces sujets, on apprend plein de choses tout en étant happé par une intrigue sans le moindre temps mort. Les amateurs de ce genre de livres se régaleront. (JC Lattès)

 

Nous sommes dans un tout autre univers avec l’auteur belge Paul Colize. C’est du polar pur et dur, phrases courtes et tranchantes, dialogues brefs, syncopés, efficaces, cinglants. Zanzara s’ouvre par un rodéo automobile nocturne à contre-sens sur je ring de Bruxelles, contre monnaie sonnante et trébuchante. Le conducteur de la voiture, Fred, personnage pas forcément totalement sympathique, aime le risque, les paris, l’adrénaline. Le jour, il est pigiste web pour le journal Le Soir. Tout en entretenant une liaison avec une femme mariée. Quad il reçoit l’appel d’un homme qui veut lui faire des révélations importantes, il y va. Pour découvrir un cadavre. La police conclut au suicide. Fred n’est pas convaincu. Ne fut-ce que parce que l’appel téléphonique est postérieur à la mort de celui qui est censé l’avoir donné. Il décide donc de mener sa propre enquête. Qui l’emmène à Odessa. Après des polars comme Un long moment de silence ou Concerto pour quatre mains, Colize poursuit son chemin singulier et complexe sur un terrain qu’il maîtrise parfaitement. (Fleuve Noir).

 

Ce qui surprend d’entrée de jeu dans le polar du Mexicain Antonio Sarabia, La femme de tes rêves(traduit par René Solis, journaliste à Libération), c’est le recours à la deuxième personne du singulier. Comme si une voix d’adressait au héros, Hilario Godinez, le prenait à parti, tantôt l’encourageant, tantôt le sermonnant. Et cela sonne juste tout au long de ce roman dont le titre est la signature des lettres d’amour que ce journaliste sportif reçoit chaque semaine depuis quinze ans. Sans en connaître l’expéditrice.  Cet homme qui rêvait de devenir écrivain, s’interrogeant sur son évolution et sa situation présente, voit sa vie basculer avec la découverte coup sur coup, dans un dépôt d’ordures, de deux corps démembrés, dont l’un est celui du jeune espoir du club de foot local. Il va alors trouver un chef mafieux local fan de ses chroniques footballistiques. L’auteur, dont c’est le troisième livre traduit en français, offre un portrait terrible de son pays, l’un des plus dangereux au monde, où enlèvements, meurtres, criminalité mafieuse, corruption, matchs truqués, etc., sont monnaies courantes. Tout en restant presque calme, civilisé, grâce à ce « tu » si particulier qui semble toujours adoucir les angles. Une belle découverte. (Métailié Noir)

 

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