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Questions orwelliennes


Jusqu’il y a peu vivait en France l’un des plus grands polémistes que le monde ait connus ce dernier tiers de siècle. Il était le fondateur d’une maison d’édition qui rendit accessible au public presque toute l’oeuvre non dévoilée de George Orwell. Jaime Semprun est mort cet été à Paris. L’information n’est connue que par un entrefilet nécrologique paru dans Le Monde à l’initiative de ses amis…
Si ce journal s’affirme (aux dires de son Directeur, dans les éditions des 31/ X – 1/ XI, « non aligné« , peut-il expliquer pourquoi la disparition du fils de Jorge Semprun ne fit l’objet d’aucun commentaire dans ses colonnes ?
Le même numéro n’offre-t-il pas une entière page publicitaire à Claude Bébéar, présenté comme « l’homme-clé du capitalisme français » – dont la propagande patronale ferait qualifier de fades les éditoriaux du Figaro ?
L’intellectuel critique du pouvoir doit-il être obligatoirement chinois pour voir signalée son existence par une presse « n’épous(ant) aucune ligne partisane ? »
Ou faudra-t-il s’en remettre à M. Hu Jintao, lors de sa prochaine visite au pays des Lumières, pour le prier d’intercéder afin que l’oeuvre et la vie du dissident français Jaime Semprun soient enfin rendues mondialement publiques par la grâce du Quotidien du Peuple ?
Questions rien moins qu’orwelliennes !

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