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Un pays paralysé


Ce fut, avant tout, ce mardi 14 décembre 2010 dans l’hémicycle de la Chambre des Représentants de la République italienne, un triste et désolant spectacle. Hurlements, invectives, insultes, empoignades, volte-face abjects, parlementaires de la majorité couvrant les discours de l’opposition en scandant, debout comme un seul homme, l’hymne national, la Ligue du Nord entonnant à tue-tête, en un triste écho séparatiste, leur hymne partisan, le Va pensiero abusivement tiré du Nabucco de Giuseppe Verdi, le premier ministre quittant les bancs du gouvernement d’un air méprisant lors des prises de parole de ses adversaires, les drapeaux tricolores suspendus dans des travées transformées en arènes. Oui, vraiment, un triste et désolant spectacle.

Mais aussi une épreuve de force remportée de justesse par Silvio Berlusconi : la motion de méfiance déposée par la coalition de centre-gauche contre l’exécutif de centre-droit a en effet été rejetée par 314 voix contre 311. L’épreuve de force, le bras de fer politique a couronné son vainqueur. Car c’est bien de cela qu’il s’est agi : une épreuve de force politique. Aucune des factions en présence ne s’est en effet réellement posé la question de la traduction d’une éventuelle victoire arithmétique en termes de gouvernabilité. Ou, du moins, ne s’est réellement souciée de sa traduction en termes de gouvernabilité.

L’approbation de la motion aurait, de facto, entraîné une démission du gouvernement Berlusconi et la recherche, par le Président de la République, Giorgio Napolitano, d’une majorité parlementaire alternative, probablement en appui d’un gouvernement d’union nationale composé des ex-alliés berlusconiens de Futuro e Libertà, le parti de Gianfranco Fini, de l’Union du Centre de Pier Ferdinando Casini, du Parti démocrate de M. Bersani, principale force de gauche, et des troupes de M. Di Pietro. Toutefois, en agissant de la sorte, les forces de gauche auraient non seulement donné vie à une alliance idéologiquement contre nature mais auraient également perdu toute visibilité politique, faute d’un projet crédible et d’un leader charismatique.

De même, il est peu probable que MM. Fini et Casini aient eu d’autres intentions que de simplement faire chuter M. Berlusconi, de lui infliger un camouflet politique dont la portée symbolique lui eut été préjudiciable pour la suite des événements. Jamais leurs électeurs ni même leurs parlementaires, en particulier les élus de Futuro e Libertà, n’auraient en effet accepté de faire route commune avec d’anciens communistes ni, encore moins, avec Antonio Di Pietro, leur ex pire ennemi. Cette (més)alliance aurait donc été vécue comme un véritable reniement des programmes électoraux respectifs et, pire, comme un détournement de l’esprit du régime majoritaire, bi-polaire, qui veut que l’électeur choisisse clairement la coalition à qui il veut confier la gestion du pays. La piste d’une majorité alternative appuyant un gouvernement d’union nationale aurait donc eu peu de chances d’aboutir.

Par ailleurs, et c’est là une autre grande victoire obtenue ce mardi par Silvio Berlusconi, les partis d’opposition sont à présent confrontés à de dangereux soubresauts internes. Les équipes de MM Fini, Di Pietro et Bersani ne forment plus, aujourd’hui, des blocs politiquement et stratégiquement homogènes. Plusieurs défections ont été enregistrées lors du vote. En tout, pour ces trois partis confondus, huit députés ont tourné casaque, ralliant en dernière minute l’ennemi berlusconien en échange d’un futur strapontin ou d’avantages financiers sonnants et trébuchants. Permettant ainsi à la majorité en place de sauver sa tête par trois petites voix d’écart. Ce n’est pas tout : les leaders eux-mêmes, notamment MM. Fini, Bersani et Di Pietro, sont désormais contestés en interne, et d’autres défections sont annoncées pour les prochains jours.

De son côté, il y a fort à parier que l’unique intention de Silvio Berlusconi en refusant de se démettre avant le vote sur la motion de méfiance était de démontrer qu’il restait politiquement et numériquement le plus fort. Que rien, ni les scandales judiciaires, ni les affaires de mœurs, ni la défection de ses alliés, ne pouvait lui ôter son trône. Sans moi, en l’état actuel des choses, aucune formule n’est politiquement et numériquement viable. Tel devait être son message. Mission accomplie. Nous sommes cependant convaincus qu’il n’a jamais été dans son intention de transformer cette victoire politique en une victoire de la gouvernabilité. M. Berlsuconi savait que si victoire il y avait, elle serait étriquée. Il sait aussi qu’une majorité de trois sièges (alors qu’il en avait 100 d’avance en entamant son mandat !) ne lui permettra pas de gouverner. Nous en voulons pour preuve ses déclarations, au sortir du vote, sur l’abandon des réformes de la justice et de l’enseignement. Non pas que ces réformes n’aient plus, à ses yeux, de pertinence ou de convenance politique, mais sa coalition ne dispose pas, aujourd’hui, des majorités nécessaires pour qu’elles soient adoptées en commissions.

Deux solutions s’offrent donc à lui : élargir sa majorité ou démissionner et, fort de la victoire politique de ce mardi, retourner aux urnes. Pour ce qui est de l’ouverture de la majorité à d’autres formations politiques, seul le retour dans la coalition de centre-droit de l’Union du Centre de M. Casini est envisageable.  Toutefois, ce dernier a d’ores et déjà fait savoir au premier ministre que cette possibilité ne pouvait être considérée sans une démission préalable du gouvernement et la confection, ensuite, d’un programme de mandature commun. C’est ce qu’on appelle, dans le jargon, une crise politique pilotée, puisqu’on la déclare tout en ayant prévu préalablement son épilogue. Pour ce faire, il faudra cependant composer avec les fortes réticences de l’allié historique de M. Berlusconi, la Ligue du Nord, qui considère ses visées fédéralistes incompatibles avec les idées unitaristes de l’Union du Centre. Voire avec la stratégie de  M. Casini lui-même, dont objectif à long terme demeure la construction d’un pôle centriste alternatif aux deux principales forces en présence (la gauche et la droite).

Bref, compte tenu de l’étroitesse de sa majorité parlementaire, de la victoire politique obtenue ce mardi et des difficultés à rallier les centristes, on voit mal ce qui pourrait empêcher M. Berlusconi de faire cavalier seul en présentant, d’ici quelques semaines, sa démission au Président de la République et en plongeant ainsi l’opinion publique dans une nouvelle campagne électorale dont il devrait, une fois encore, sortir grand vainqueur. Le rejet de la motion de méfiance intervenue ce 14 décembre 2010 ne marque donc pas, comme il fallait s’y attendre, la fin d’une crise politique longue de plus d’un an, mais bien plus dramatiquement la transcription institutionnelle de la non-gouvernabilité du pays.

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