À propos de Cannes, et de cinéma en général


Son livre, écrit d’une excellente plume, est évidemment passionnant, ses quelque six cents pages se savourent parcimonieusement. L’année de ce Lyonnais, resté directeur de l’Institut Lumière, se divise en deux grandes périodes : l’après Festival et l’avant-Festival. Le première consiste à faire le bilan de l’édition qui vient de se terminer, et à digérer les attaques qui n’ont pas manqué de lui être faites quant à la qualité des films en compétition. La seconde couvre la préparation de la suivante, soit principalement la constitution du jury et le visionnage des films (1869 pour 2016), secondé par trois commissions de trois membres chacune. Frémaux s’apprête alors à affronter de nouveaux reproches, concernant la sélection française, fruit d’une tentative de  juste équilibre entre différents types de cinéma, ou l’accusation d’inviter toujours les mêmes réalisateurs (outre que c’est faux, n’est-ce pas, aussi, ce qui fait la grandeur de Cannes ?). Sur ce terrain, son pouvoir est évidemment énorme, mais totalement assumé, signaler un refus est toujours une tâche difficile (et peut provoquer des fâcheries, par exemple avec Kusturica dont le film ira finalement à la Mostra de Venise). Il réfléchit aussi à la question de la présence des femmes cinéastes en sélection officielle, à fortiori en compétition (une seule Palme d’or pour Jane Campion, en 1993). Observant 1) qu’elles sont moins nombreuses que les hommes derrière la caméra, 2) que leur nombre augmente, 3) que le Festival « n’est que le reflet d’une situation globale «  et  4)  que le jury est paritaire, et a été régulièrement présidé par une femme.