À table !

Un repas de fête réussi, c’est avant tout la table.

Un choix, une décoration, une organisation des plats pensés avec soin. La table, c’est un peu le graal, l’horizon, l’Amérique. Pas étonnant qu’elle soit au centre de toutes les convoitises depuis le soir des élections.

L’échec de la négociation gouvernementale ? Ne cherchez pas : la faute à la table.

Une table trop remplie. Eclairée comme pour une retraite aux flambeaux. Et décorée de façon à empêcher toute connivence entre les participants. Après chaque réunion, ils donnaient l’impression de sortir du banquet du film « Festen ».

Il y a ceux qui y sont et ceux qui font tout pour s’y asseoir, quitte à prendre le tabouret et même à faire le service.

Didier Reynders s’invite à la table de négociation, annonçait-on en septembre. Olivier Maingain n’a jamais quitté une table ! ajoutait-il ensuite, un sanglot dans la voix, dans l’espoir de participer aux agapes. Las ! Même s’il promet d’apporter son thermos et sa gamelle, Didjé ne peut contempler cette fameuse table qu’à travers la fenêtre. Ah ! Il se mord bien les doigts d’avoir essayé d’emmener Bart en cachette à une table plus étoilée. Il avait oublié que dans les restaurants qui se piquent de « nouvelle cuisine », il n’y a pas grand-chose dans les assiettes.

Pourtant, les heureux élus non plus ne semblent pas très euphoriques. Personne n’a songé à déboucher le champagne – ils auraient peut-être dû commencer par là parce que maintenant, le bouchon a l’air bloqué dans le goulot.

Quelle idée aussi d’avoir choisi un meuble aussi fragile. Lorsque di Rupo met sur la table de nouvelles propositions, elle s’effondre. Pour ne pas être en reste, De Wever l’a déjà fait sauter trois fois. Avec ce que chacun veut y déposer, la coupe est vite pleine : elle n’est pas conçue pour la langue de bois.

De plus, à cause des nombreuses pistes qu’on y a tracées dans tous les sens depuis des mois, la table est fêlée de toute part. Il serait temps de remplacer la tablette et même les pieds car le repas n’en est toujours qu’aux hors d’œuvre. Et le plus dur à avaler reste à venir.

Chacun regarde ses voisins avec suspicion en se demandant qui sera le dindon de la farce. Une farce qui ne fera rire personne.

Une suggestion : pour éviter les problèmes de digestion des participants qui en ont déjà lourd sur la patate, ne se passerait-on pas de la dinde et des entremets pour en venir directement aux desserts ? Des madeleines pour créer un climat de nostalgie, un mille feuille pour faire avaler les projets de tous les invités en une seule bouchée et enfin une portion de gugelhupf autrichien pour le plus gourmand qui n’est jamais rassasié. Mais évitez de lui tendre la bûche. Si elle tombe sur ses pieds, il quittera à nouveau la table en criant que tout le monde lui en veut…

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