13 juin 2010

Les jours qui ont directement suivi les élections fédérales furent sans doute émouvants pour beaucoup de Belges. Pas à cause du succès attendu du PS en Wallonie mais à cause de la grande victoire – elle aussi attendue – de la N-VA, parti flamand nationaliste. Cette victoire est remarquable ; mais c’est surtout la défaite subie par tous les partis traditionnels qui mérite notre attention. Dans De Tijd, on pouvait lire : « L’unité nationale n’a plus de majorité ». Les Flamands ont voté pour la Flandre malgré les médias qui ont mis en garde l’électorat du danger que représente ce parti nationaliste. Elections historiques ?

Maintenant qu’il faut vivre avec, tout paraît différent. Bart De Wever, le diable avant le 13 juin, est devenu le héros en Flandre et même les francophones qui l’ont diabolisé s’aperçoivent qu’il n’est peut être pas si mal que ça. On se parle, Elio vainqueur au Sud et Bart au Nord. Et alors ?

Avant les élections, ce discours m’a parfois surpris. Le manque d’une connaissance mutuelle. Mais pire encore était l’obstination avec laquelle on créait sa propre vérité, de part et d’autre. Les émotions – dont vit une partie des médias – prenaient le dessus sur le bon sens. Quelques jours après les élections, il ne reste presque plus rien de toute cette émotion. Demeure la grande question institutionnelle : que pouvons-nous faire ensemble ? Je suis certain que nous trouverons une solution à ce problème.

Mais il en est un autre, nettement plus difficile : il n’y a plus assez d’argent pour maintenir notre niveau de vie. De plus, malgré les « bonnes nouvelles », la Wallonie conserve un retard économique considérable. Les revenus y sont déjà inférieurs et, pour certains produits et services, on doit payer un prix plus élevé. Dans ces conditions, il est logique que le Parti Socialiste reste le meilleur garant d’une solidarité interpersonnelle. Mais comment peut-on, dans une nouvelle constellation communautaire, sauvegarder le bien-être de tous les Belges ?

Le soutien de la Flandre pour le redressement de la Wallonie demeurera indispensable. Mais sera-t-elle encore en mesure d’y contribuer de manière satisfaisante ? Même si on ne le voit pas encore et qu’on n’en parle que rarement, en Flandre on est en train de manger les réserves – la richesse engrangée par les génerations précedentes – et, face à des perspectives économiques peu rassurantes, cette solidarité deviendra problématique, avec ou sans réforme constitutionnelle. Avec ou sans la N-VA. Je ne serais d’ailleurs pas surpris que cette incertitude a déjà décidé nombre d’électeurs flamands en faveur de ce parti.

Dans cette discussion d’économies inévitables, la gestion de Bruxelles devient capitale. Demander plus d’argent sans vouloir installer une gestion plus performante n’est tout simplement plus acceptable. Heureusement que face à cette situation, les esprits au Sud changent aussi. Gérard Deprez déclarait, dans l’hebdomadaire Knack, qu’il est lui-même convaincu qu’il faut réorganiser Bruxelles. Mais qu’en pensent les Bruxellois ? Dans les médias flamands, on ne prête pas attention à ce que la population francophone de Bruxelles pense. Sont-ils d’accord avec ces nombreux mandats politiques ? Tous ces bourgmestres avec leurs services communaux ? Serait-ce une catastrophe pour les citoyens si la gestion était moins dispersée, plus centralisée ?

Je pense qu’il est temps que la population de notre capitale s’exprime ouvertement. Serait-il possible, qu’ entre néerlandophones et francophones, une communion d’idées remplace les antagonismes ? Je l’espère en tout cas.

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