Chut !

Comment ? Vous n’êtes pas au courant ? Mais chut… Parlons d’autre chose. Ah, on savait rire, en ce temps-là ! Pour stigmatiser l’épouvantail Besson, ministre de l’identité nationale et du nouveau centre de rétention du Mesnil Amelot, nouvelle honte pour la République, Stéphane Guillon, chroniqueur et humoriste de son état, avait sorti la grosse artillerie. Accent allemand hurlant évoquant les nazis, directe accusation d’être une taupe du FN, et attaque sur son physique, Guillon n’avait pas fait dans la dentelle. Alors Besson contre attaqua en insultant directement l’humoriste, et le patron de la radio nationale se déculotta en présentant ses excuses au ministre. Rien que du normal. Pendant ce temps-là, la rumeur… Ah bon, vous ne saviez pas ? Figurez-vous que le président… Chut ! Contre la vulgarité et la brutalité de Besson le chouchou haï de la République, il fallait utiliser les grands moyens. Et le bazooka radiophonique en était un. C’était si drôle de le voir après se poser en victime ! Besson qui protestait contre le traitement de Guillon, c’était comme si le cerf faisait un procès à l’élégantissime ami de Sarkozy et du pape, Bigard la bite de scène, auteur de l’immortel « Bigard bourre Bercy », pour son sketch sur le brame. Quant à l’humour sur le physique des gens, on connaissait la formule bien connue « à partir de 40 ans, on a le visage qu’on mérite. » Si c’était vrai, Besson portait parfaitement sur sa gueule les qualités dont le fantaisiste à succès l’avait affublé. Il était normal de juger les gens sur l’apparence aussi. Elle parlait plus directement que les mots souvent maquillés. Voyez Frêche qui s’accrochait, voyez Le Pen qui raccrochait, Tapie qui se ramenait et soutenait le ministricule de l’Identité nationale, tout ce bon monde portait sur son physique les marques de ce qu’il était. Jusqu’à Guillon lui-même d’ailleurs, qui avait le sourire engageant du faux gentil sous l’œil torve du faux méchant. Et gueule d’amour (recousue à la perfection) Berlusconi ? On n’avait pas le droit de décrire le bellâtre ? A propos de bellâtre, Carla, vous savez bien, la femme du président… Comment vous n’êtes pas au courant ? Vous êtes bien le seul… Figurez-vous que… Eh bien c’était faux ! Comme je vous le dis : le contre espionnage était sur le coup ! Et ça, ce n’est pas une rumeur, c’était dans le journal. Mais… chut… Pourtant, tout semblait aller très bien, lors de leur dernier voyage aux Etats-Unis. Bon, comme d’habitude, le président n’avait pas pu s’empêcher de frimer devant les étudiants de l’université de Columbia en affectant ostensiblement de renoncer à ses notes avant de monter en chaire. Ah, la chair ! En tout cas, ce ne serait pas la première fois. Vous vous rappelez bien ? L’affaire de la couverture de Paris-Match ! Il paraît même qu’il a porté plainte ?… Ah bon ? Un journal l’a fait à sa place ? Quoi, sur ordre ? Chut ! Vous savez que le jeune chanteur aussi a porté plainte ! Mais oui, comme ça tout le monde sait qui c’est ! C’est malin ! Ainsi en allait-il de la rumeur, tumeur qui occupait le Beau pays à plein temps : tous faisaient mine de s’en offusquer, et tous la colportaient. Et vous savez qui était la principale soupçonnée par l’Elysée ? Non ! C’est vrai ? Comment ? Vous n’êtes pas au courant ? Chut ! Mais chut, vous dis-je. Jusqu’à mardi prochain.

#Sarkozy

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