Alain Mabanckou, Charif Majdalani, Robert Solé: la francophonie au Seuil


C’est dans sa ville natale qu’il a déjà recréée en 2013 dans Lumières de Pointe-Noire qu’Alain Mabanckou a situé son nouveau roman, Petit Piment. Son jeune narrateur, inspiré d’un personnage réel affublé de ce surnom rencontré par l’écrivain lors de son retour au pays il y a quelques années, est élevé dans l’orphelinat de Loango, à une vingtaine de kilomètres de Pointe-Noire. Le roman s’ouvre par l’annonce de la nouvelle direction socialiste prise par le pays et de l’ouverture du local du Mouvement national des pionniers de la Révolution socialiste du Congo. S’ensuit une peinture à hauteur d’adolescents, donc extrêmement savoureuse, de la vie à l’orphelinat chamboulée par cette Révolution, entraînant par exemple l’arrivée d’un enseignant Blanc «non impérialiste» ou la disparition d’un professeur tant aimé, un prêtre pygmée zaïrois. Mais bientôt, le jeune Moïse s’enfuit à Pointe-Noire et se retrouve sur le Grand Marché occupé par différentes bandes. C’est là, vivant de rapines, qu’il devient Petit Piment. Chassés par une opération de police d’envergure, ces «moustiques» se réfugient sur la Côte Sauvage, où le jeune garçon rencontre Maman Fiat 500 qui devient sa mère adoptive.

Pour Villa des femmes, son cinquième livre publié au Seuil, Charif Majdalani a reçu le Prix Giono (après avoir figuré sur d’autres listes, à l’instar de trois précédents romans). A travers l’histoire d’une riche famille libanaise chrétienne racontée par le gardien de la propriété des faubourgs de Beyrouth, «témoin involontaire» de ses «déchirements» et de sa «ruine», l’auteur de Caravansérail emmène le lecteur aux prémices de la guerre civile déclenchée en 1975. Le paterfamilias, patron d’une florissante usine de tissus, vit au centre d’un «triangle infernal» formé de son insupportable sœur qui hait son épouse et de sa fille, tout en étant père de deux fils, l’un noceur et arrogant, l’autre rêveur et épris de liberté. A sa mort, ces «temps heureux» vont prendre une couleur bien inquiétante, encore assombrie par l’arrivée des premiers miliciens.


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