Alexandre le grand

La 63ème édition du Festival de Cannes a commencé hier. Robin de Bois, en ouverture, est sorti simultanément sur nos écrans, mais je vous en parlerai une autre fois. Je profite de cet événement pour lancer un petit coup de projecteur sur un des membres du jury (présidé par Tim Burton) : Alexandre Desplat.


Alexandre Desplat est français, il a 48 ans. Depuis toujours, il a voulu devenir compositeur de musique de film. Pas seulement compositeur : il tenait absolument à écrire pour le cinéma. Dieu merci, il y est arrivé. Alexandre Desplat est ce qui est arrivé de mieux à la musique de films depuis longtemps. Personnellement, je lai découvert en 2005 avec De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard. Je ne fus pas le seul à le remarquer, car sa splendide partition fut récompensée d’un César.

Alexandre Desplat compose pour le cinéma et la télévision depuis les années 90. Jacques Audiard collabore avec lui dès son premier film, Regarde les hommes tomber. Suivront ensuite Un héros très discret puis Sur mes lèvres, en 2001. Entretemps, le compositeur poursuit sa carrière en France, tant dans le registre de la comédie (Les Portes de la Gloire, Rire et châtiment) que celui du drame (Les corps impatients, Stormy Weather), sans oublier de toucher un peu à l’action (Nid de guêpes).

C’est en 2003 que la reconnaissance du compositeur commence à grandir, grâce à l’une de ses plus belles compositions : La Jeune Fille à la Perle. A partir de là, sa carrière internationale (hollywoodienne, en somme) commence à littéralement s’emballer. Tout le monde, ou presque, se l’arrache. Et comme il aime varier les plaisirs, il compose tant pour les studios (The Golden Compass) que pour les productions plus indépendantes : Birth, Syriana, The Queen (qui lui vaut une première nomination à l’Oscar), The Painted Veil ou encore Lust, Caution d’Ang Lee. Devenu une référence aux Etats-Unis, le Français n’oublie pas sa patrie : il a récemment composé pour Largo Winch, Coco Avant Chanel et, bien sûr, Un Prophète de Jacques Audiard.

Sa plus belle partition, à mon humble avis, est celle qu’il a écrite pour L’Etrange histoire de Benjamin Button de David Fincher.

Cette année, nous avons pu l’entendre dans les excellents Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson et The Ghost Writer de Roman Polanski.

A Hollywood, sa cote augmente de plus en plus : il est embauché par les studios pour reprendre le flambeau de sagas à succès (le dernier Twilight et le prochain Harry Potter), et c’est lui qui signe la musique de The Tree of Life, le prochain film Terrence Malick (quand je disais que tout le monde se l’arrache…).

A l’aise dans tous les genres, Alexandre Desplat trouve à tous les coups le ton juste et colle toujours au plus près de l’ambiance de la scène, au sentiment exprimé, à l’émotion qui se dégage. Les meilleures musiques de films sont celles qu’on ne remarque pas lors de la projection. Armé de son sens précieux de l’économie, le compositeur sait se faire discret. Quand il se fait entendre, à bon escient, c’est pour nous emporter par un magnifique thème, de ceux qui caractérisent immédiatement un film, de ceux que l’on garde tête, parce qu’ils sont fredonnables. Sa musique a aussi l’avantage de pouvoir se passer des images : ses disques s’écoutent parfaitement bien chez soi, comme des albums.

Alexandre Desplat en 10 films (ses plus belles BO) :

1. L’Etrange Histoire de Benjamin Button (David Fincher, 2009)

2. Fantastic Mr Fox (Wes Anderson, 2010)

3. Lust, Caution (Ang Lee, 2008)

4. De battre mon cœur s’est arrêté (Jacques Audiard, 2005)

5. La Jeune Fille à la Perle (Peter Webber, 2003)

6. Birth (Jonathan Glazer, 2004)

7. The Queen (Stephen Frears, 2006)

8. The Ghost Writer (Roman Polanski, 2010)

9. Un Prophète (Jacques Audiard, 2009)

10. Syriana (Stephen Gaghan, 2006)

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