Allez France !

Nous avions fait un (mauvais) rêve.

Sarah Palin avait réussi son coup. La tueuse d’orignal en peau de lapin (elle tire en fait comme un pied), après avoir fait couler le pauvre McCain en quelques désastreuses interventions, et après avoir abandonné l’Alaska à son sort, était prête à être candidate en 2012. Nous avions fait un cauchemar : elle était présidente des Etats Unis et toisait les Russes depuis le détroit de Béring, la main sur la gâchette.

Nous avions fait un cauchemar : de ce côté-ci de l’Atlantique, Royal avait réussi son coup. Elle avait fini par enfoncer sa nouvelle rivale Martine Aubry à force de piques et de coups bas et en adoptant l’attitude, la pose messianique qui lui allaient comme ses nouveaux atours et son nouvel entourage. Elle avait fait mystère du moment où elle attaquerait, puis elle avait gagné. A l’Elysée trônait désormais une femme incontrôlable, sujette aux pulsions d’un populisme soft déguisé en charitude entrainant la France derrière son panache rose aussi évanescent que ses idées.

Nous avions fait un épouvantable cauchemar. Marine Le Pen, la rejetonne du vieux cyclope, avait usé de toutes les armes : une féroce démagogie, un racisme bien tempéré bien que transparent, une mauvaise foi à ébranler les corons, sans compter l’invective et les voies de fait tel ce jet de lacrymogène à la figure de son opposant. Elle avait gagné la mairie d’Hénin-Beaumont et elle pouvait croire que l’extrême droite la plus brutale était bienvenue chez les Ch’tis. Toutes les graines de fachos se réveillaient soudain galvanisés par la madone à la voix rauque.

Et puis nous nous sommes réveillés. Rien de tout cela n’était arrivé. Tout était normal : Berlusconi bougeait encore en Italie et tentait avec l’incroyable aplomb d’un fantôme de petit Duce un coup de force juridique pour échapper à la justice. Tout ça pour faire oublier ses frasques agrestes et viagresques, et échapper aux accusations de corruption et autres qui pesaient sur lui.

En Amérique, Palin se la jouait rebelle en sortant un livre qui la remettait en selle. Pour regagner le cœur de Américains, elle frappait durement contre son propre camp dans un remake de Règlement de comptes à OK querelle, sauce Républicaine conservatrice.

Royal tentait par tous les moyens de ressusciter tandis que son ancien compagnon, Hollande, retrouvait les faveurs de l’opinion ou en tous cas de FOG. Prête à tout pour cela, elle créait le scandale en « divorçant » d’un certain Peillon, et jetait une fois de plus le trouble dans son camp. Au demeurant il n’y avait jamais eu de mariage Peillon/Royal, à peine attelage mal assorti de sous-courants dont le PS était friand ; or chacun le savait : si les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petits courants mènent direct aux chutes. Le problème de l’appareil socialiste restait donc plus de jamais comment éviter l’Evita du Poitou ?

Enfin, comme si l’actualité hexagonale et mondiale n’était pas suffisamment chagrine, la France, dans une action scélérate,  avait perdu son honneur pour un footballeur malencontreux qui, perdant la tête, avait mis la main où il aurait fallu le pied. Pire que de marquer contre son camp, cauchemar récurrent de tous les footballeurs, il avait entaché la qualification de l’équipe nationale d’une tache indélébile. Preuve de la gravité de son forfait, il avait reçu le soutien de ZZ (pas) top, alias Zinedine- coup-de-boule, sorti pour une fois de sa réserve.

Et dire que le pouvoir pendant ce temps-là faisait des pieds et des mains pour une France, une identité nationale propres ! Il était temps de mettre les pouces.

Jusqu’à mardi prochain.

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