Amer sirop de Liège

On dit souvent qu’il faut éviter de provoquer pour garantir sa propre tranquillité. Mon père avait, sur cette question, une tout autre opinion. S’il estimait qu’une situation nécessitait une réaction, quelle qu’elle soit, il fallait réagir. Sans quoi, il arrive que ceux qui provoquent se sentent justifier dans leurs agissements et finissent par mettre en place des désastres – comme ce fut le cas lorsque Hitler ordonna la réoccupation de la Rhénanie. La gestion de la politique (ou plutôt des politiques) aéroportuaire(s) belge(s) en est une excellente illustration. Première attaque : le plan Anciaux. Nous ne reviendrons pas sur cette aberration, qui a avant tout servi à soulager des communes historiquement concernées par Zaventem mais également fiefs de la famille ou des affidés d’Anciaux. Après quelques temps, les Bruxellois ont réagi. Les Brabançons ont mis du temps à suivre, et encore, seuls quelques individus ont essayé de faire entendre leur voix. Aucun écho du côté politique, sinon certains membres de l’opposition – dont on peut parfois se dire qu’ils agissent dans le seul but d’ennuyer leurs anciens partenaires à la Région. Interrogé sur la position que la Région pourrait adopter dans le dossier des nuisances créées par Zaventem, le Ministre-Président s’est abstenu de toute intervention officielle, pour une raison officieuse qui se laissait facilement deviner : si la Région wallonne ne contrariait par la Flandre pour Zaventem, la Flandre laisserait la Wallonie développer tranquillement Bierset. Dont acte : les Wallons ne sont pas riverains de Zaventem et les “luxueux” Brabançons doivent laisser passer la caravane du progrès et du développement, quitte à aboyer dans leurs verts jardins. Mais voilà… alors que la Wallonie s’apprêtait à agrandir Bierset pour y permettre l’atterrissage des super-gros-porteurs Airbus, la Flandre a attaqué. A juste titre. Sauf qu’il faut maintenant (et pas par souci de vengeance) que la Région wallonne se montre dans le dossier de Zaventem. Il faut absolument arrêter de dire et de croire qu’un aéroport est d’office synonyme de croissance pour la région concernée et que cela justifie tous les risques. Le récent accident en Malaisie devrait nous ouvrir les yeux sur ce qu’il adviendrait si un avion tombait sur Bruxelles… Mais il est probable que les autorités régionales continueront à considérer le problème de Zaventem comme le caprice d’une province qui, dirait-on, ne fait pas vraiment pour eux partie de la Wallonie. Outre que c’est une erreur, cela conduirait cette sous-région à considérer que son avenir ne se joue pas en Wallonie, mais dans un pôle régional européen différent, qui partagerait ses priorités et un souci de développement qualitatif.

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