American nightmares


C’est vrai que j’adore la nouvelle, surtout quand elle est bien troussée, ironique, décalée. Et il est tellement rare de voir un éditeur parisien en publier ! En l’occurrence, il s’agit de surcroît d’un premier livre publié… Triple coup de chapeau, donc, pour ces “clichés” plus américains que nature. Des scènes de vie que l’on croirait tirées de vieux films ou de séries contemporaines, drôles, tendres, avec cette légèreté dans le drame qui a fait le charme d’un certain cinéma étasunien. Impossible, en lisant ces nouvelles, de ne pas voir défiler des images archiconnues (justement, des stéréotypes…) : les pavillons de banlieue, les pelouses trop bien tondues, le ferry new-yorkais, les gratte-ciel, les taxis jaunes… Les Américains s’y retrouveraient-ils ? Peut-être, peut-être pas. Quelle importance ? Dans le jeu de clichés, ce recueil est une mise en abyme : on y voit l’Europe regardant l’Amérique à travers les images dont celle-ci a abreuvé le monde…