Apéro, c’est géant !

Cela commence par le mail d’un vague copain qui propose de se retrouver à sept heures au marché de la Batte ou devant l’enclos des pigeons du parc Josaphat (n’oublie pas la bouteille !) et cela se termine à dix mille à se bourrer le pif. Lassés des amitiés virtuelles et des leurres déshumanisés des réseaux sociaux, les gens redécouvrent le plaisir de s’assembler,  de se toucher. 

Puisque la vogue des apéros est dans l’air du temps, le monde politique plonge à son tour. C’est ainsi que le lardon de Wathelet, le moufflet de Michel et le petit Javaux ont décidé dans une belle unanimité d’unir (ce qui reste de) leurs forces dans un nouveau parti politique humanisto-écologico-réformateur. D’après La Libre Belgique, leur premier kern kabinet s’est tenu autour d’un Kicker. Comment, pas sérieux ? Vous dites ça parce que vous n’imaginez pas Yves Leterme se joindre à eux. Evidemment, prisonnier de son BlackBerry, branché en permanence sur son PC, enfermé dans son monde mutique, il n’a pas compris que les temps changent. Et que le goût de la vraie vie est enfin revenu.

Seule ombre au tableau, au trio des juniors devant le baby foot s’était joint un quatrième larron, Michel Daerden. Or lui, question apéro géant, il avait quelques longueurs d’avance sur les gamins. De là à penser qu’au moment où ils ont pris leur décision, Wathelet, Michel et Javaux étaient beurrés comme des petits Lu, il n’y a qu’un pas que je refuse de franchir. Pas eux et pas ça ! Que le p’tit Charles se laisse désespérément pousser quelques poils sur le menton pour ressembler à Magnette, lequel tente d’imiter Tom Boonen, d’accord. Mais qu’il aille jusqu’à lever le coude à la façon de Papa, non ! Cent fois non !

L’idée de recomposer le paysage politique au milieu des bouteilles a aussi de l’avenir en Flandre. Juste au moment où la mort de Bobbejaan Schoupen relance son immortel succès « Un café sans export ». La mode des apéros pourrait sonner le retour de Steve Stevaert. N’est-ce pas la nostalgie de son bistrot qui explique son départ brutal du monde de brutes dans lequel on l’avait propulsé ? Libérés par l’alcool, on verrait Bart De Wever dans les bras de Francis Delpérée, chantant tous les deux un vibrant « Belgique, ô mè-è-re chérie ! »  Ou Marianne Thyssen succombant enfin aux charmes de Alexander De Croo. Et même la belle Freya Van den Bossche tentant de dégeler l’effroyable Geert Bourgeois, tandis que celui-ci s’efforcerait d’apprendre à l’inébranlable Olivier Maingain la traduction française du mot tongkus.

Que tous ces pisse-froids qui parlent d’interdire les saoulo-parties prennent garde. L’apéro géant, c’est l’avenir de la Belgique.

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