Apocalypse Yesterday

Ni ce qu’ils espèrent ni ce qu’ils croient, Élie Treese, Paris : Allia, 2012. 76 p. 6 €

Tout est différent chez Allia : la finition et la qualité d’impression des livres, leurs couvertures, mais aussi et surtout la force littéraire des textes publiés, et leur étrangeté. Avec ce curieux texte, on plonge dans un monde interlope, entre apocalypse et quotidien le plus sombre, où l’humour est un éclair qui déchire l’obscurité. Comme la balle du fusil qui passe entre les mains de ces quatre paumés flamboyants, orphelins de Godot et de Brecht, durant toute une interminable nuit d’alcool, de dérive et de combats tragiques et dérisoires. Où sommes-nous, avec Hadès, Maroubi, His Majesty et Low ? Dans un monde dévasté par quelque déflagration universelle ? Sur une décharge banale d’une de nos cités absurdes ? Au seuil de l’enfer mythologique ? Et l’aube peut-elle encore survenir au terme de cette errance ? Quelle importance, puisque la nuit reviendra, elle aussi. Au moins reste-t-il le style…