Auto-bio-analyse


Declerck est un auteur éminemment singulier. J’avais adoré son “Socrate dans la nuit” et ce nouvel opus m’éblouit tout autant. Pas de roman à véritablement parler ; un mélange d’autobiographie et de portraits d’analyses (Declerck est psychanalyste et il évoque, avec discrétion, certains de ses “patients”), le tout relié par la terrible image de sa grand-mère et par les souvenirs d’une Belgique plus sombre et plus désespérante que celle dépeinte par Brel dans certaines de ses chansons. Pour la Belgique, s’ajoute la figure éminemment drôle et tragique à la fois, de James Ensor, qui devient, en quelque sorte, un lointain cousin de l’auteur — c’est d’ailleurs une de ses toiles qui donne le titre au livre. Ajoutez à cela la rare conjonction d’un style brillant et incisif, et d’une intelligence aiguisée, à la fois impitoyable et tendre ; que faut-il de plus pour produire un grand livre, de ceux qui restent gravés dans votre mémoire ?