AUx larmes et cætera

Mis à jour : 28 oct. 2020




L’œil sec, mais toujours envie d’en verser une. L’œil sec à force de s’être vidé en contemplant le champ de bataille et les actions stupides. L’œil rouge aussi, à cause des frottements incrédules. Les « nouveaux venus » sur l’échiquier politique – parachutés par népotisme, réseautage, recyclage et droit de cuissage – ont voulu d’entrée de jeu imprimer leur marque, leur patte. Et tout est désastreux, en mode ridicule. Et rien ne change, pour maintenir les éternelles trognes en place. Mais on se félicite, on se congratule en haut lieu. Pendant ce temps, on tue à petit feu en bas, on expédie la masse en burn out, au chômage, en dépression, en médication, au fond des bouteilles d’alcool fort. On tue la créativité et l’innocence, l’indépendance et l’audace. On casse, on trace. On lave les pistes de danse à l’acide, les pompes à bière à l’eau de Javel. On dénonce, on accuse. On bulle et on dé-bulle : 10, 5, 3… Zéro ? On ferme à minuit, à 23 heures, à 22 heures… On ferme sa gueule pour oublier qu’on crie dans le désert culturel. On oblige à être normal dans un monde qui n’arrive pas à se remettre d’une gueule de bois de sept mois. Aux larmes et cætera. Un air de reggae à la Gainsbourg ferait du bien dans cette grisaille. Pour accompagner une Marseillaise, une Brabançonne, un Hymne à la Joie ou qu’importe : « Allons enfants sans patrie. Le jour sans gloire est répété. Entendez-vous dans leurs campagnes électorales, pourrir leurs petits mandats… » Les gamins déboussolés. Les jeunes interdits de s’engorger. La force de l’âge au bout du rouleau. Les vieux isolés. Les rêves incinérés – merci les urnes. Où est la vague qui partira enfin à l’assaut de cet échec grand format ? Pour tout laver, tout recommencer. En traversant la ville, l’envie vient de prendre tous ces gens dans les bras. Le besoin de réconfort est urgent. Aucun politique ne le dit. On néglige l’humain, on oublie sa part intime et sociale. Combien de temps faudra-t-il convier les larmes comme dernières armes ? Puisque personne ne les prend, au propre ou au figuré. Aux larmes et cætera…

www.marcmeganck.be


Photo : Unsplash

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