Awel, Joëlle, proféciat’ !

On croyait avoir connu le pire lorsque les deux tunnels royaux, le Léopold II et celui de sa fille Stéphanie, nous ont valsé sur le coin de la notje. Eh bien ! On n’avait rien vu. Voilà mett’nant que le ciel nous tombe sur la cafetière. D’un trait de sa plume nerveuse, son excellence madame la Milquet, elle a décidé comme ça que le théâtre de Toone, c’était pas de la culture. Fini ! Plus un balle de subvention pour ces schieve poechenellen qui savent même pas causer sur un français convenâb ! Les jeunes, déjà qui comprennent rien au Coran ou plutôt qu’il le comprennent tout de traviol, voilà mettnant qu’ils doivent se farcir le brussellois peut-être ? Non, fieu, ça une minist’, elle peut pas l’imposer aux pôv ket, sinon il y en a qui vont finir par l’attaquer, la minist’, pour crime contre l’humanité devant la cour pénale internationale de La Haye. Où la meï Milquet, elle devra se défendre en flamouche. Surtout pas ça ! C’est plus simple de supprimer Toone que de l’obliger à babeler dans la langue de Jambon ! Plusieurs signes ont montré ces derniers temps que Bruxelles était de moins en moins Bruxelles et qu’il serait temps de transporter ailleurs ce qu’il en reste avant que ça ne disparaisse, les pierres soigneusement numérotées, pour la reconstruire quelque part à la campagne, de préférence dans un coin où les politiciens qui veulent tant de bien aux Bruxellois ne prolifèrent pas. On y déménagera le cinéma Eldorado, le Vendôme (qui s’appelait le Roy), les musées, les bistrots, les théâtres chics, le National, le Parc, les Martyrs, et tutti quanti, et le Théâtre de Toone, dernier vestige de la culture locale et de la langue de la capitale. Dire que la première poechenellekelder à Toone date de 1830 et qu’on veut la faire taire ? En 1830, on a déjà eu une muette à Bruxelles, celle de Portici. On a vu la suite… Toone, pas de la culture ? Des auteurs ont écrit directement pour les poechenelles et pas des schieve lavabos, hein ! Jarry (Ubu), Claudel (oué ! le type avec sa slache de satin qui dure des heures), Lorca, Hélène Cixous, et même des Belches, tiens, Maeterlinck (notre seul prix Nobel de littérature, pas de la culture, ça madame la minis’ ?) ou Michel de Ghelderode, qui a justement écrit directement pour Toone. Et dont Cocteau a dit : « c’est le diamant qui ferme le collier que la Belgique porte autour du cou ». Diamant, collier, ah ! ça vous parle enfin, madame ? Les marionnettes, c’est un art premier, comme le cinoche de Charlot et les aventures de Quick et Flupke, un langage qui jette des paillettes, qui fait que les enfants se serrent contre leurs parents, perce qu’ils partagent leurs émotions. Il n’y a pas beaucoup de spectacles qui réussissent cette magie. Alors, siouplait, madame la minis’, tire un peu la ficelle pour rouvrir le rideau de ce théâtre des merveilles. Tu feras une oeuvre de salutation publique.

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