Bandes dessinées (3) D’après… diverses sources



D’après… une pièce de théâtre. Le théâtre inspire moins la bande dessinée que le roman, et lorsque c’est le cas, il s’agit principalement de pièces classiques de Molière ou Shakespeare par exemple. Christophe Gaultier innove en adaptant celle d’Alexis Michalik, Le porteur d’histoires, couronnée par les Molière de l’auteur et du metteur en scène en 2014. L’album est surprenant et fort peu théâtral. Un homme survient en 2001 dans un village algérien. Il demande l’hospitalité à une femme et sa fille qui vivent dans une maison où il découvre une bibliothèque prodigieuse, constituée d’éditions originales de chefs d’œuvres de la littérature mondiale. Il leur raconte alors une histoire, la sienne, qui commence en 1988 avec l’enterrement de son père. Dans une tombe censée contenir un corps, il découvre des dizaines de carnets dont le premier parle de la rencontre entre Alexandre Dumas et une jeune fille, Adélaïde, lointaine descendante d’une famille qui serait détentrice d’un trésor remontant aux Templiers. 

D’après… une histoire vraie. Celle d’Albert Londres. Le célèbre grand reporter, qui s’était fait remarquer en 1914 par son article sur le bombardement de la cathédrale de Reims, se rend en 1923 au bagne de Cayenne, en Guyane française, où il reste trois semaines. Cette visite sert de toile de fond à Forçats (Glénat) dont paraît le premier des deux tomes, L’enfer du bagne. Bedouel et Perna ont choisi un biais original : celui d’Eugène Dieudonné, anarchiste condamné dix ans auparavant pour sa soi-disant participation à la bande à Bonnot. Il s’évadera et, plus tard, Londres écrira ses mémoires. Le duo montre notamment l’arbitraire des condamnations au bagne et le sort honteux réservé aux prisonniers. Un « échec total de la République »  que n’hésite pas à dénoncer le journaliste face au directeur convaincu d’appliquer une juste peine à des « criminels ».

D’après… des œuvres picturales. A l’occasion de ses 30 ans, le Musée d’Orsay a proposé à Plonk & Replonk, un collectif suisse à l’humour décalé né en 1995, de « revisiter » certaines de ses œuvres. Le résultat est un album au format à l’italienne, L’art d’en bas au Musée d’Orsay (Futuropolis), qui reprend la « fantastique collection » d’un dénommé Hippolyte de l’Apnée enregistrée en 1910, jamais montrée et disparue l’année suivante.


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