Bilan

Cette semaine, la France commémore le septantième anniversaire de l’appel du 18 juin 1940. Ce jour-là – et quelques jours seulement après l’ignominieuse signature de l’armistice par le maréchal Pétain –, le général De Gaule lançait courageusement, depuis son exil londonien, son célèbre plaidoyer aux hommes et aux femmes de bonne volonté pour restaurer l’honneur de la France Libre. Ce fut le point de départ de la résistance. De la non-résignation au triomphe du Mal absolu. Un appel à la lutte.

Ce fut aussi un réveil des consciences, un coup de semonce pour les natures indifférentes et résignées qui, malgré elles, faisaient le jeu des violents. Indifférence et résignation, nos ennemis, rampes de lancement du pire. Hier comme aujourd’hui. Certes, on ne peut en aucun cas comparer la situation d’alors avec celle de l’Italie contemporaine. Ce serait indécent et historiquement erroné. L’Italie ne vit pas sous dictature et le berlusconisme n’est pas le fascisme. Vous ne trouverez pas de prisonnier politique dans les geôles transalpines ni de camp d’enfermement pour les subversifs dans les campagnes de la péninsule. Mais il faut oser prononcer les vérités élémentaires sans masque même si la porte des consciences est gardée par des sentinelles hostiles : le régime italien actuel est profondément anti-démocratique car il sape jour après jour, heure après heure, les valeurs fondatrices de la démocratie.

Nous n’allons pas rappeler les nombreuses attaques commises par M. Berlusconi et les siens contre la liberté d’expression, les licenciements et mises au placard de journalistes d’opposition, la mainmise sur l’ensemble d’un paysage médiatique inféodé, les lois ad personam, la loi d’immunité, la loi restreignant les mises sur écoute téléphonique, les liens avérés de plusieurs membres du gouvernement avec les organisations mafieuses, les condamnations de proches et d’amis intimes de M. Berlusconi pour collusion avec le crime organisé, les manquements répétés au principe même de la séparation des pouvoirs ou encore les récentes lois dites « d’empêchement légitime » et de réduction des délais de prescription. »

Le sens de notre travail, durant ces premiers six mois d’existence des Nouvelles d’Italie, a précisément été d’attirer l’attention du lecteur sur la gravité de ces manquements à l’orthodoxie démocratique, d’éviter tout phénomène d’accoutumance. Car l’on sait d’expérience que l’organisme social s’adapte avec une rapidité déconcertante aux nouvelles formes de gouvernement, quelles qu’elles soient, qu’il en digère sans trop de difficultés pratiques et modalités pour les considérer, à terme, comme autant de normes définitivement admises. Or il serait dangereux, voire irrémédiable, qu’il soit ainsi avec le berlusconisme. Nous ne le voulons pas. Nous ne voulons pas que les valeurs fondatrices de la république italienne, acquises de haute lutte par des hommes et des femmes remarquables au péril de leur vie, soient balayées comme des aigrettes de pissenlits par le souffle d’une dangereuse indolence.

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