Brouillons de « Finnegans Wake »


Loué soit l’éditeur qui accepte de publier un livre dont il sait l’audience extrêmement limitée mais qui, pour ce lectorat restreint, peut revêtir une importance capitale! En l’occurrence Gallimard qui, avec Brouillons d’un baiser, s’adresse aux lecteurs de James Joyce en général et de Finnegans wake en particulier. Les cinq textes réunis ici, inspirés du baiser entre Tristan et Iseult, traduits par Marie Darrieusecq, vont en effet servir de matrice à ce roman. Même si, souligne Daniel Ferrer dans sa présentation, ces vignettes n’en feront finalement pas partie. Mais elles permettent de voir l’évolution de la pensée au travail de l’écrivain irlandais. Et Ferrer en profite pour raconter le contexte de la publication d’Ulysse à Paris en 1922 chez Shakespeare and Company, sept ans avant sa traduction française, et son accueil pour le moins contrasté. Et de raoppeler la difficulté pour Joyce d’écrire ensuite autre chose.