Brussel-Bruxelles

Une école d’Anderlecht ferme temporairement ses portes en raison d’une trop grande dangerosité pour les élèves. Sur le chemin de l’école, ils sont régulièrement et vivement importunés, volés et parfois même frappés. On se révolterait à moins.

Echange de coups de feu lors d’un braquage ; un peu plus tard, un policier est blessé lors d’une arrestation à Laeken. Voici les ingrédients pour un petit tour bruxellois de la castagne.

« Aux armes ! », appellent les journaux flamands. Le Standaard écrit en lettres majuscules sur sa une du 27 janvier : « TOLERANCE ZERO ». Un fait divers, grave certes, mais un fait divers dans une grande ville, déclare le bourgmestre PS de Bruxelles, M. Thielemans. Philippe Moureaux (PS), bourgmestre de Molenbeek, croit y voir à nouveau des flamingants qui n’aiment pas Bruxelles et qui utilisent toutes les occasions pour en faire une caricature. Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien.

Le silence. On réfléchit, ma foi, maintenant que la fumée des premiers coups de canon s’est dissipée. Le gouvernement fédéral de coopération se hâte pour passer la patate chaude. L’Intérieur regarde vers la Justice. La Justice déclare, par la bouche d’un magistrat bruxellois, que la tolérance zéro est tout bonnement impossible en raison du manque de moyens. Bruxelles doit résoudre ses propres problèmes, entend-on ça et là. Trop peu d’argent et trop peu de policiers. Trop de gaspillage, trop de tolérance et de belles paroles entend-on d’autre part. La cacophonie n’est pas inhabituelle dans une ville morcellée et multilingue qui se compare trop volontiers avec de véritables grandes villes.

Il y a quand même quelque chose de changé. Les Bruxellois qui s’étaient tus jusqu’à présent semblent aussi avoir une opinion. Plus même, il semble qu’il ne soit pas question d’une différence entre Flamands et Francophones.  Ouf ! Ce n’est pas un problème communautaire. Le journaliste progressiste Claude Demelenne et la rédactrice Véronique Lamquin, du Soir, écrivent le  4 février dans le Standaard un billet d’opinion au titre éloquent : « Amis flamands, les Francophones pensent comme vous » : Les Flamands disent tout haut ce que les Francophones pensent tout bas. Nous aussi, nous constatons les faits : émeutes violentes à Molenbeek et Anderlecht, policiers blessés et attaqués, les autorités défiées, des habitants de certains immeubles assiégés… Il n’y a pas de solution miracle : le calme ne reviendra pas tant que les personnes “politiquement correctes” de gauche refuseront de voir la réalité.

Quelque chose doit changer dans l’esprit des Bruxellois francophones, expliquent-ils en dix points. J’en cite un en exemple, pour montrer l’évolution des mentalités : Il faut oser les nommer. Pourquoi se taire davantage ? Presque tous les jeunes fauteurs de troubles sont d’origine arabo-musulmane. Ils sont une minorité, mais extrêmement agressifs. Nouvelle donne : de plus en plus de parents de ces jeunes prennent parti pour les délinquants.

L’article se termine par : La sécurité à Bruxelles est trop importante pour la laisser aux mains des Francophones de gauche; nous avons besoin de vous, pour que Bruxelles ne devienne pas le Far-West.

François Xavier De Donnea en a encore rajouté une couche dans le programme de la VRT  « De Zevende dag », le dimanche 7 fevrier : les Flamands ont raison, il faut aussi s’occuper de la structure. Une zone de police unique. Mais, par contre, un bourgmestre unique est pour lui encore un pas de trop. L’eau est profonde et ramener les 975 fonctions politiques à Bruxelles à 250, comme certains le suggèrent, ne semble pas encore pour demain. Tenons à l’oeil la réalité et les causes à l’arrière plan, dit-il: J’ai déjà proposé il y a dix ans d’envoyer dans un internat les enfants qui traînent en rue et ne vont pas à l’école et dont les parents ne s’occupent pas. Sans quoi ils n’ont aucune chance.

Si les gens le savent, si toujours plus de politiciens le savent, si les medias exercent leur fonction de contrôle comme il convient et continuent à dénoncer les faits divers, qui ou qu’est-ce qui peut empêcher Brussel–Bruxelles de mettre de l’ordre dans ses affaires ?

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