Carnet (6)


«Marina Tsvetaeva s’est pendue en août 1941, laissant ce message : «Ne m’enterrez pas vivante, vérifiez bien».»

«Un afghan de 19 ans a voyagé plus de trente heures attaché au châssis d’un autocar entre Athènes et Nowa Deba, dans le sud de la Pologne. Il souhaitait gagner l’Italie, mais s’est trompé de véhicule. Le sien a accompli un périple de 2.800 kilomètres en passant par la Macédoine, la Serbie, la Hongrie et la Slovaquie. Il a été intercepté par les gardes frontières polonais. Un câble de la boîte de vitesse du bus passait près de sa joue et l’incisait à chaque changement de régime. Il a demandé l’asile en Pologne.»

« « Un jour, au New Cotton Club, nous jouions avec l’orchestre de Billy Ekstine. A la trompette, Fats Navarro. Sa corpulence était légendaire. En plein chorus, la scène a cédé sous son poids. Il a disparu corps et âme dans un trou. On ne voyait plus que le pavillon de l’instrument qui dépassait, et lui continuait à jouer ».

« Le monde de l’art et le monde de la finance ont à un certain point fusionné. Le banquier travaille comme un artiste, et l’artiste comme un banquier. Mais ce n’est pas une question nouvelle pour l’artiste de savoir s’il doit servir la vérité ou son créditeur. Il y aura toujours, heureusement, un art qui ne s’achète pas ». (Christoph Hochhaüser, réalisateur allemand)

«Nul mieux que François Furet n’a dit quel sens étroit et égoïste peuvent prendre les droits de l’homme quand on les confie aux mécanismes du marché. Nul n’a davantage souligné que l’intention d’égalité fait la grandeur et le prix de notre civilisation. Nul n’a autant épinglé le déficit spirituel propre au libéralisme, son échec à faire vivre des croyances communes ; nul n’a à ce point déploré l’indigence de l’optimisme libéral face aux tragédies du 20ème siècle». (Mona Ozouf)

«La Mauritanie constitue un bon exemple de la dilapidation des vestiges des périodes préhistoriques. Ici comme dans les autres pays africains, des lois existent pour protéger le patrimoine mais elles ne sont pas appliquées faute de moyens et d’information. Les dunes qui bougent au gré du vent mettent à nu des sites entiers. Celui qui passe au bon moment n’a qu’à se baisser pour ramasser et il est difficile de résister à la tentation. D’autant qu’au prochain coup de vent, le site sera recouvert pour, peut-être, des milliers d’années».

«Gregor Straub de NBC a dit qu’il devait avoir en gros plan le visage d’un soldat dégoulinant de sueur. L’opérateur français voulait avoir une vue panoramique avec d’un côté un détachement du Honduras, de l’autre un détachement du Salvador, ou vice-versa. Un autre encore tenait beaucoup à prendre un soldat en train de porter un ami tué peu auparavant. Enrique Amado de Radio Mundo voulait enregistrer un gémissement de soldat blessé implorant de l’aide, de plus en plus faiblement, jusqu’au dernier soupir. Charles Meadows de Radio Canada voulait avoir la voix d’un soldat qui, dans le feu de l’action, maudit la guerre. Naotake Mochida de Radio Japan voulait avoir les hurlements d’un officier qui, couvrant le grondement des canons, discute avec un supérieur dans un radio-téléphone japonais» (Ryszard Kapuscinski, sur la guerre entre le Honduras et le Salvador, 1969).

«S’il devait y avoir une confirmation du sens qu’avait Camus de l’absurdité de la vie, c’est que le Président George W. Bush le lise» (Maureen Dowd, du New York Times, apprenant que Bush lisait L’Etranger).

«Un jour, m’a raconté Harry, elle était en train de terminer un livre de D. H. Lawrence : «Ca y est, s’était-elle dit, et elle avait mis ses deux filles dans la poussette et elle était sortie par la porte pour ne plus jamais revenir» (Nuala O’Faiolain).

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