Carnet (7)

Spiral Jetty. Rochers, sel, cristaux, terre, algues et eau, 1970, Salt Lake, Utah


«S’offrant au curieux après des heures de pistes dans un paysage brutal, la Spiral Jetty de Robert Smithson, créée en 1970, mesurant 475 mètres de long et 4,5 mètres de large, se dessine au détour d’un virage, derrière une colline d’herbes jaunes. A l’horizon, nulle maison, nulle route, nulle voiture, mais des temps ancestraux. L’œuvre, emblématique du land art, se propose comme un retour aux origines du monde et constitue un véritable pèlerinage pour les amateurs. D’autant qu’ils ont cru l’avoir perdue à jamais : engloutie sous les eaux pendant trente ans, l’œuvre n’a resurgi à la surface qu’en 2002, plus blanche et cristalline que jamais».

«L’artiste travaille comme un homme de science. Ses œuvres existent non seulement par elles-mêmes, mais aussi pour faire la démonstration des solutions qu’on peut apporter à certains problèmes» (Ernst Gombrich).

«Alors que le film (Le charme discret de la bourgeoisie) était sélectionné pour les Oscars, je rencontre quatre journalistes mexicains, et l’un me demande :

– Don Luis, vous pensez que vous aurez l’Oscar ?

– Oui, j’en suis convaincu. J’ai déjà payé les 25.000 dollars qu’on m’a demandés. Les américains ont des défauts, mais ce sont des hommes de parole.

Les journaux mexicains titrent alors que j’ai acheté l’Oscar. Scandale à Los Angeles, télex sur télex, Serge Silberman, le producteur, me demande ce qui m’a pris, dès son arrivée à Paris. Je lui réponds qu’il s’agit d’une plaisanterie innocente.

Après quoi les choses se tassent. Trois semaines plus tard, le film obtient l’Oscar (du meilleur film étranger). Et je dis à la presse : «Les américains ont des défauts, mais ce sont des hommes de parole». » (Luis Bunuel)

«J’ai un jour rêvé que j’étais assis à côté de la reine d’Angleterre – après tout on m’a bien anobli ! – et qu’elle me demandait, de sa voix inimitable, si je jouais toujours la Première sonate de Pierre Boulez, que j’ai créée en Angleterre dans ma jeunesse. Je lui répondais, effrayé à l’idée de rejouer cette œuvre difficile : «Mais je n’ai pas la partition !» Et sa Majesté la sortait de son sac à main, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde… Vous voyez le genre de rêve ? Même Boulez, que tout ne fait pas rire, a aimé». (Richard Bennett, compositeur britannique).

«Dans le film Leçons de ténèbres (Lektionen in Finsternis), que j’ai réalisé sur la guerre du Koweït en 1992, je cite, au tout début, avant même la première image, une phrase que j’attribue à Blaise Pascal et qui dit : «L’effondrement des galaxies sera comme la création d’une beauté grandiose». On m’a plusieurs fois demandé dans quel ouvrage de Pascal j’avais trouvé cette phrase et à chaque fois j’ai répondu qu’il s’agissait d’un essai peu connu de lui. En fait, j’ai inventé cette phrase pour permettre au spectateur d’entrer dans le film à un niveau tout de suite très élevé spirituellement. De toute façon, cette phrase que j’ai inventée, Pascal n’aurait pas pu mieux l’écrire, j’en suis certain. C’est inventé, mais ce n’est pas une malhonnêteté de ma part. C’est au contraire parfaitement cohérent avec la vérité profonde, extatique, des images que je montre.» (Werner Herzog)

«En écrivant le récit d’une liaison entre un homme mûr et une fille pubescente, j’ai écrit l’un des trois thèmes absolument tabous des lettres américaines (les deux autres étant un mariage négro-blanc retentissant et glorieux, produisant une foultitude d’enfants et de petits-enfants, et un athée endurci à la vie heureuse et utile, mourant dans son sommeil à l’âge de 106 ans).» (Vladimir Nabokov)

«En 1958, pour contourner les interdictions d’exposition, l’éditeur d’une revue de pin-up, de nouvelles anonymes et de photos de nus a changé de titre tous les mois : Minuit moins vingt, Minuit moins le quart, Minuit moins dix, Minuit moins cinq, Minuit moins une, Minuit juste et Minuit une».

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