Carnets (2)


© P. Bronstein, Kaboul

Depuis une dizaine d’années, je tiens des carnets, que je remplis avec des citations ou des illustrations trouvées (en général) dans la presse – mais parfois auprès d’autres sources. Les relisant, j’en ai sélectionné une série, que je regrouperai dans quelques contributions.

Il me semble que cette série peut constituer une sorte de portrait de l’époque.

– Lapsus dans Le Monde (novembre 2007)

Page 10, on voit une photographie des trois bourgmestres non nommés des communes de la périphérie, en tournée au Conseil de l’Europe à Strasbourg.  Pour rappel, ces personnages s’appellent Arnold d’Oreye de Lantremange (Crainhem), François van Hoobrouck d’Aspre (Wezembeek) et Damien Thiry (Linkebeek).

Mais la légende de la photo dit ceci : «Les bourgmestres Arnold d’Oreye (Lantremange), François van Hoobrouck (Aspre) et Damien Thiry (Linkebeek) se sont vu refuser la validation de leur élection par le Ministre des affaires intérieures de la Flandre ».

– «L’année scolaire 1949-1950, le futur Albert II, qui avait 16 ans et n’était encore que Prince de Liège, suivait les cours au Collège de Genève. Son livret scolaire a été dévoilé par Het Laatste Nieuws. Il en ressort un élève moyen : 3,7 sur 6 en français ; 3 sur 6 en latin ; 2,8 sur 6 en maths ; 4,8 en Histoire ; 3,8 en géographie ; 4,4 en sciences ; 3,9 en dessin ; 3,7 en soin ; 5,2 en gym et 5,9 en conduite. En allemand, c’est carrément pénible : 1,3 (toujours sur 6) au premier semestre. Selon le professeur, «à cause d’une connaissance de base insuffisante». Conséquence : fini les leçons d’allemand. Le bulletin date du 24 juin 1950. Le 22 juillet, Albert, ses parents, son frère et sa sœur rentraient en Belgique».

Et si c’était cela, le véritable motif de leur retour – de quitter un pays si peu hospitalier… »

– « L’Espagne, comme la France, est assez mal traitée dans mon livre. Ce sont des pays que j’aime beaucoup » (Eduardo Arroyo)

– «Je crois en la résurrection. Je suis sûr que le Messie va bientôt venir et que des milliers de cadavres parlant yiddish sortiront de leurs tombes et que leur première question sera : «Y a-t-il de nouveaux livres en yiddish ? » (Isaac Bashevis Singer)

– «Pour les jeunes gens qui, tels les étudiants de King’s, passaient tout leur premier cycle universitaire au sein du collège, Cambridge, c’était comme jouir publiquement de la compagnie constante et enviée d’une femme admirée par tous – on pourrait dire que c’était comme aller à toutes les fêtes avec la Primavera de Botticelli» (Eric J. Hobsbawm)

– «A New York, où je jouais Maison de Poupée, j’ai organisé une rencontre entre Bergman et Woody Allen. Au dîner, dans l’hôtel très élégant où Ingmar était descendu avec sa femme Ingrid, nous nous sommes assis à table tous les quatre. Les deux génies se regardaient sans dire un mot, et Ingrid et moi, qui n’avions jamais eu de rapports très chaleureux, nous étions obligées de faire la conversation, de parler de choses dont parlent les femmes pour animer le dîner. Ingmar et Woody se sont fait un petit sourire qui disait : «Vous voyez la conversation de ces petites femmes mignonnes…». Pendant le dîner, ils ne se sont parlé à aucun moment. A la fin, ils se sont serré la main, nous sommes descendus avec Woody dans sa limousine et il m’a dit : «Merci, Liv, c’était génial». Quand je suis revenue à la maison, le téléphone a sonné : c’était Ingmar qui me remerciait !» (Liv Ullmann)

– «Luchino Visconti proclamait que tous les mauvais réalisateurs italiens avaient un nom se terminant par ni : Antonioni, Pasolini, Comencini, Bolognoni… On rapporta le propos à Fellini (qui était évidemment dans le lot), qui répliqua : «C’est Viscontini  qui vous a dit cela ?»

– «Professeur de tartes à la crème à la Fox, Buster Keaton conseillait de garnir la pâte de mûres, farine et eau avant de la napper de crème fouettée si la cible était blonde, et d’opter pour le blanc d’œuf monté en neige avec un zeste de citron pour la brune au teint mat».

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