Ce que la guerre fait de nous


Le livre de Léonor De Récondo aurait pu être un roman de 800 pages, romanesque à souhait, plein de tensions et de drames ; une famille espagnole plutôt aisée, mais républicaine, doit tout abandonner pour se réfugier en France pendant la guerre d’Espagne. Ama, l’épouse d’Aïta, tient un journal. Avec leurs enfants et des proches, ils se retrouvent dans une ferme, et y passent la guerre. Mais l’auteur a choisi une voie de traverse, presque de résistance au romanesque. La voie et la voix de l’épure. De petites touches, où les pensées des personnages s’immiscent dans la narration sans la faire trébucher. Au final, un tableau touchant d’une guerre au quotidien, avec toute la tension mais sans pathos excessif. L’impression que le lecteur éprouve est celle de la justesse ; pendant ces pages, nous sommes tous avec cette famille, entre peur et vie, tout simplement. Car le propre de la nature humaine est de s’adapter, n’est-ce pas ? Une belle résilience au goût de prose.