Ces réductions qui élèvent


Jacques De Decker est surtout connu pour ses pièces de théâtre, mais il est aussi un fin prosateur, comme il l’a prouvé avec ses romans (La grande roue et Le ventre de la baleine, repris en Espace Nord, en 2011 pour le second), mais également avec des nouvelles, comme celles qui sont collationnées dans ce magnifique recueil. Magnifique d’abord pour l’objet : une couverture cartonnée, dans un coffret dont l’illustration de Monique Schaar rend l’esprit, l’ironie et la “belgitude” tendre des textes. De Decker est un impressionniste ; chacune de ses nouvelles est une petite touche sur la toile, toujours ouverte, à travers il nous dépeint Bruxelles, d’abord, puis le reste d’un pays dont on ne cesse d’annoncer la mort, et qui pourtant reste vivant sous la plume de ses auteurs. La fresque est vivante, mais surtout humaine et sensible. Pas de caricature, pas d’humour facile, pas de défaitisme. “Small is beautiful” ; un beau livre, à considérer presque comme un “collector”, pour lui-même d’abord, pour son auteur ensuite, et, qui sait, pour ce pays qui ne subsistera peut-être bientôt que dans la nostalgie des livres.