Chaud devant !

C’est le printemps !

Réchauffement climatique ou consolation divine d’une fin d’année particulièrement triste, glacée et figée ? Chacun appréciera mais quelle qu’en soit la cause, il n’y a pas de doute. La glace est en train de fondre…

Dans les rues arabes d’abord où des foules que l’on croyait soumises à des rages moyenâgeuses défile, hommes et femmes mêlés, en réclamant les valeurs de cet Occident tant honni, droit de vote, démocratie, liberté de la presse. Cette même foule qui manifestait il y a quelques mois pour réclamer la tête de caricaturistes dont l’art et la liberté d’opinion ne plaisaient pas.

Des foules sans chef, ivres de leur propre audace dont on découvre soudain le visage souriant, décidé, intelligent et mûr malgré des dizaines d’années à subir une presse et des télévisions au service unique du chef et de ses slogans. Quel échec des media et de la limite de ses pouvoirs !

En Italie aussi c’est le nettoyage de printemps. Avec un goût amer : il a fallu quelques frasques sexuelles grotesques pour plomber l’inoxydable chef de l’état dont les razzias sur l’appareil politique, médiatique et financier du pays n’avaient jamais ému les citoyens. Au contraire. Sa résistance aux lois et aux juges l’avait rendu encore plus populaire. Que Silvio Berlusconi supprime les droits de succession, s’empare de toutes les télés publiques et privées, distribue des postes de députés et de ministres à ses copines et copains, se fabrique des lois sur mesure pour s’assurer l’impunité, embrasse les papattes de Kadhafi, l’électeur était à ses pieds. Mais qu’il organise des soirées bonga bonga, ah non ! Pas ça ! Allez comprendre. Tout le pouvoir des media berlusconiens, champions de l’obscène, se serait-il effacé devant un vieux fond de pudibonderie ? Encore une belle claque pour le pouvoir des media !

Pendant ce temps, les bourses se remettent à siffloter, les syndicats à oser réclamer des augmentations de salaires. Rêvons un peu : et si les hommes politiques belges se laissaient gagner à leur tour par l’euphorie ambiante ? Ils ne peuvent tout de même pas être les derniers au monde à s’apercevoir que la température a drôlement monté depuis qu’ils se sont enfermés? Y aurait-il un problème de climatisation dans la salle ?

La manifestation du  23 janvier dans les rues de Bruxelles n’annonçait-elle pas le retour des hirondelles ? Comme en Tunisie ou en Egypte, comme en Italie, en tête de la rue bruxelloise, il n’y avait pas de  chef. A l’ère de l’internet, où chaque citoyen se sent le maître de son destin et peut le crier à toute la planète, l’homme politique est en train de disparaître. Au fond ce dont rêvent les citoyens, c’est à un gouvernement sans dirigeants. A une grande assemblée libre permanente. Déjà, un parfum de mois de mai ?

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