Chine, croissance surréaliste


© P. Pellizzari, Sichuan

Durant mes divers reportages photographiques en Chine, il m’était impossible de ne pas penser au système politique. J’étais impressionné par l’efficacité avec laquelle certains projets d’intérêt commun étaient réalisés, et j’étais néanmoins troublé par le traitement de la liberté et du bonheur. Hier soir en écoutant et voyant une rétrospective sur Satie, mon trouble a pris une autre dimension. À l’époque du compositeur, l’Europe, forte de sa croissance, explosait de joie ( malgré les guerres). Les surréalistes rivalisaient d’ingéniosité pour être drôles, des projets artistiques en tous genres naissaient, l’aisance de la croissance donnait à certains des ailes. Aujourd’hui, la Chine jouit de la même croissance économique, mais absolument rien de joyeux, de créatif et surtout de léger n’en sort. Certains vous diront que c’est leur passé qui pèse; je pense au contraire que c’est le présent, voire l’avenir qui les attristent. C’est peut-être aussi cela la liberté: pouvoir être surréaliste.