Chronique de campagne : rumeurs et autres dévoiements.


Quelque part en Brabant wallon…

Dernier jour avant le vote, encore trop (à) chaud pour faire le bilan de la campagne électorale. Et sans doute trop tard pour attirer l’attention sur certaines pratiques. Cependant…


Dans une petite commune, un club de foot a utilisé son carnet d’adresse pour appeler à voter pour l’une ou l’autre personnalité. Chez sa voisine, la position d’un candidat dans une association neutre lui permet d’organiser un grand raout pour annoncer ses promesses et piéger ses adversaires. Là, ce sont les dirigeants d’un mouvement de jeunesse à qui l’on monte le bourrichon pour qu’ils se plaignent auprès de leurs membres. Ailleurs, ce sont des données récoltées lors d’enquêtes publiques qui sont vraisemblablement utilisées : une plateforme d’associations environnementales s’opposant au contournement de Wavre a dû préciser qu’elle n’avait communiqué aucune donnée à qui ce soit. Ceci pour répondre à des habitants qui s’étonnaient de recevoir un courrier électoral personnalisé sur le sujet.


Certaines de ces actions sont carrément illégales. L’usage des données personnelles est réglementé, et particulièrement en période électorale. D’autres actions sont à tout le moins douteuses et donnent une vision peu flatteuse de son acteur. Nous pouvons tous apprécier qu’un candidat se penche sur nos besoins et écoute nos demandes, mais si la manière de le faire suppose une certaine manipulation…Dis-moi comment tu agis, je te dirai qui tu es.


La rumeur n’est pas une technique nouvelle, son efficacité est liée à son caractère non officiel et les réseaux sociaux accélèrent sa propagation avec, parfois, une influence décisive sur un scrutin.. . Est-elle encore efficace ? Nous sommes des gens intelligents qui savons faire la part des choses. Nous pouvons nous demander à qui profite le crime. Souvent, une recherche sur Internet nous permet de détruire le fondement de cette rumeur. Mais nous péchons par paresse, naïveté ou amitié. (Un petit renvoi vers cette Chronique de campagne : Ami, où as-tu mis ton tamis ?). Soyons critiques.


Demain, nous allons voter. Nous sommes quelques-uns à penser que cette élection locale est importante pour notre avenir et que son enjeu n’est pas de régler (uniquement) le nombre de terrains de foot, de kilomètres de pistes cyclables, mais certainement de préparer nos communes à faire face aux défis environnementaux (y compris sociaux et climatiques). (un second renvoi vers une Chronique de campagne : le mur est là et nos oreilles ont des murs).


La capacité à affronter ces défis avec l’honnêteté et la transparence requises peut aussi se mesurer à l’aune des pratiques de campagne !


Le Collectif Calvin & Hobbes.