Comme elles disent…

Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh, Glénat, 156 pages, 15 €




C’est un très bel album de 156 pages qui joue sur deux époques correspondant à deux tonalités différentes, la couleur pour leprésent, le noir et blanc pour le passé. Une jeune femme se rend chez les parents de celle qui l’aimait mais qui, comprend-on vite, est morte et dont on entend la voix à travers le texte de la lettre qu’elle lui a laissée. C’est par la lecture de son journal conservé dans sa chambre d’enfant qu’Emma va retrouver Clémentine. Et va réellement découvrir celle avec qui elle a partagé plus d’une décennie de vie. Le journal intime révèle une adolescente lilloise comme beaucoup d’autres, qui croit tomber amoureuse d’un garçon avant de se rendre compte que quelque chose cloche, quelque chose sur laquelle elle ne parvient pas à mettre de mots.


Lorsqu’un soir dans un bar gay où l’a emmené son meilleur ami homosexuel, elle rencontre une jeune fille plus âgée qu’elle – et aux cheveux bleus -, déjà croisée quelques temps plus tôt, elle est troublée. Naît ainsi entre elles, progressivement, difficilement, une complicité secrète qui se mue bientôt en amour, la cadette étant profondément attachée, donc très demandeuse, tandis que son aînée, déjà en couple, tend à tergiverser, se méfie des emportements de l’adolescente.

Voilà, c’est tout, et c’est déjà beaucoup, mais c’est beaucoup plus, en fait. L’auteure, elle-même homosexuelle, a trouvé les mots justes pour décrire la fragilité de sa jeune héroïne, sa recherche de sa personnalité, ses rapports avec ses parents, ses copines de classe, son pote homo et bien sûr son initiatrice. Si quelques dessins son maladroits – c’est un premier album -, les textes et dialogues sonnent toujours vrais. Sûr que Julie Maroh est promise à un bel avenir dans le 9ème art.

Posts récents

Voir tout