Comme Un Arbre Dans La Ville 1


Affiche de l’exposition © Luc Teper


Après plus de deux années de prises de vue, je propose un nouveau thème qui fait la part belle essentiellement aux arbres de la région bruxelloise. C’est également le thème d’une exposition appelée « Comme Un Arbre Dans la Ville » et qui se tiendra aux Halles Saint-Géry du 8 mars au 23 avril 2013. L’entrée est libre tous les jours de 10 heures à 18 heures. Mais qu’est-ce qui est donc à l’origine de notre passion croissante pour les arbres et de ce besoin pressant de les préserver? René de Chateaubriand a écrit : «Les forêts précèdent les peuples et les déserts les suivent». Arriverons-nous à lui donner définitivement tort un jour? Lorsque nous songeons à tout ce qui nous entoure et qui n’existerait pas sans les ressources directement empruntées aux arbres, nous constatons que sans bois, pas de meubles, pas de livres, pas de Stradivarius, pas de manches d’outils, pas de flambées dans l’âtre, pas de beaux jouets, pas d’allumettes, pas de clôtures ni de modestes cure-dents, et bien d’autres choses encore, anciennes ou modernes, nobles ou prosaïques, mais qui nous sont finalement devenues indispensables. Si l’on se penche sur nos loisirs de citadins, il est évident que nous nous réfugions volontiers au sein des espaces verts (heureusement nombreux en Région bruxelloise), pour y pratiquer calmement la promenade, le pique-nique, le vélo, l’équitation, le jogging ou la méditation. Car l’arbre est un élément biologique et esthétique majeur de notre environnement. La beauté hiératique de la haute montagne, l’austère photogénie du désert ou l’immensité liquide de l’océan peuvent certes nous émouvoir, mais un paysage dont l’arbre est totalement absent finit par nous inquièter. Avec ses racines plantées dans l’humus et sa cime tournée vers les nuées, l’arbre est pour l’être humain un trait d’union qui relie la terre au ciel. Après l’avoir détruit sans vergogne, l’homme cherche à nouveau sa compagnie et tente de lui redonner une juste place au sein de ses cités. Sans arbres, l’homme se priverait d’ailleurs de cette notion ancestrale qu’il tente tant bien que mal d’améliorer de génération en génération, c’est-à-dire la qualité de la vie.

Luc Teper