Décapants !


Pour ceux qui, à juste titre, estiment que la littérature hexagonale s’enlise dans les replis graisseux de nombrils aseptisés, voici une lecture tonique et salutaire ! Ourednik est là pour nous rappeler que Kafka était bourré d’humour. Il en est plein, lui aussi, d’un humour à la fois tendre pour les faibles et impitoyable à l’encontre de toutes les médiocrités, lesquelles sont aussi nombreuses dans la Prague contemporaine, où l’on contemple d’un banc public les aléas immobiliers du quartier, qui sont autant de manière de réécrire l’histoire — ou de l’oublier. Et tant qu’à faire, coupler cette lecture avec le recueil de poésie qu’Ourednik publie chez le même éditeur, “Le silence aussi”. Tout y est : le regard, la langue, la musique. Que ce soit dans la prose ou la poésie, Ourednik est un fameux écrivain. Et son éditeur, Allia, un artisan de qualité, car en plus d’être bons, ces livres sont beaux. Et magnifiquement traduits par Benoît Meunier.