Dans le désert, j’arrose la pelouse


© P. Pellizzari


J’avais toujours pensé que Dubai était politiquement incorrecte, qu’elle n’avait aucune éthique environnementale, qu’il était absurde d’allouer des moyens aussi importants pour une localisation désertique, que le modèle Las Vegas ne me correspondait pas. Sur la carte, Dubai est idéalement située, au centre de gravité de la démographie humaine et du monde de demain. Alors d’accord pour un port, un aéroport, un free shop, quelques banques, un centre de séminaires et les quartiers généraux d’Halliburton, mais pas plus. Pas de pistes de ski artificielles, pas de grand prix de formule 1, pas de souks en plastique, pas de bâtiments dont la hauteur dépasse les records, pas de plages où l’on se repose à 50° à l’ombre, pas de fausses îles en palmier et pas de slogans de rêve. Manhattan s’est construite avec ses immigrés, Little Italy, China Town en font le charme. Où sont Little Bangladesh, Little Sri Lanka ? Dans des baraquements. On ne vit pas d’événements que l’on importe, on a beau avoir le plus grand gratte-ciel du monde, cela reste un désert sans une couche de terre arable. Dans le désert, une pelouse, cela s’arrose.