Deux commémorations : Antoine Blondin et Coluche


Antoine Blondin et Coluche sont tous les deux morts en juin. Le premier le 7 juin 1991, le second quinze ans plus tôt, le 19 juin 1986. L’un avait 69 ans, l’autre 41. Voici deux livres qui leur rendent hommage. Dans Blondin, le journaliste Jean Cormier parle de l’homme qu’il a connu et fréquenté sur le Tour de France de 1967 à 1982 mais aussi à Paris, dans sa tournée des bistrots de Saint-Germain-des-Prés, ses « académies ». Et Symbad de Lassus évoque un grand-père qui «buvait, grognait, [lui] parlait d’écrivains dont [il] ne connaissait même pas le nom» Il se souvient s’être «ratatiné» sur sa chaise lorsqu’au lendemain de sa mort, son professeur de français qui ignorait sa filiation, a dit que l’on venait de perdre un grand écrivain. Le soir-même il se plongeait dans Les Enfants du Bon-Dieu.

Ce livre est très intéressant par les témoignages qu’il contient. Sylviane, sa première femme, qui l’a rencontré lors d’une virée à vélo en 1939 le jour de la mobilisation générale, et de ses 15 ans, déplore avoir retrouvé un autre Antoine à son retour du STO. S’ils se marient et ont deux enfants, Laurence et Anne, ils se séparent rapidement. Ses filles parlent d’ailleurs de leur «père absent». Les souvenirs de l’aînée, qui n’a jamais eu l’occasion de vraiment parler avec lui, sont notamment liés à Roger Nimier, dont la mort a laissé l’écrivain «dans un état d’abandon et de solitude quasi palpable». La cadette, qui regrette que «l’ascension d’Antoine Blondin écrasait papa», avoue une certaine tristesse de n’avoir pas su tisser de vrais liens avec lui. Bernard Pivot manifeste son admiration pour le romancier dont l’écriture l’enchante. Suivent les témoignages des journalistes de L’Equipe Pierre Chany et Jacques Augendre («Il existait une telle osmose entre Blondin et la course cycliste que le Tour de France semblait être complice de son humour»), Jean Bobet ou Jean Hatzfeld, qui a couvert onze Grandes Boucles pour Libération. Jean-Paul Belmondo évoque le tournage d’Un singe en hiver et Juliette Greco se souvient que l’homme «savait écouter».


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