Deuxième Guerre mondiale (2) Mythes, résistants et Vichy


Contrairement à ce que défend dans un livre un officier du renseignement militaire soviétique passé à l’Ouest, Hitler n’a pas déclenché l’opération Barbarossa le 22 juin 1941 pour devancer une attaque imminente de l’Armée Rouge, dès son arrivée au pouvoir, il nourrissait l’intention de conquérir l’URSS. Si de nombreux cheminots ont été résistants, ils ne l’ont pas tous été, comme le suggère une certaine image d’Epinal, cet engagement «est resté essentiellement un acte individuel». Montgomery, le vainqueur d’El-Alamein, n’est pas surestimé, «il mérite sa place au panthéon des grands chefs militaires» de cette guerre. Même si c’est un peu vite qu’il affirme dans ses mémoires que le débarquement en Provence du 15 août 1944 fut «l’une des plus grandes erreurs stratégiques de la guerre». En effet, les divisions françaises débarquées furent utiles aux Alliés. Ce livre répond à d’autres questions qui continuent de faire débat. Par exemple, celle concernant les bombardements aériens alliés sur l’Allemagne et L’Europe occupée (notamment la France) pour vaincre l’ennemi dont l’utilité est contestée tant d’un point de vue militaire et stratégique qu’éthique, même s’ils ont aussi permis de porter des coups «extrêmement rudes» à l’économie allemande. Ou encore, ce sont moins les bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki qui ont conduit le Japon à abdiquer que la conquête foudroyante de la Mandchourie par l’armée soviétique le 9 août 1945.




En mai 43, sur proposition du nouveau commissaire aux questions juives, Louis Darquier de Pellepoix, les Juifs devenus français après 1927 sont dénaturalisés, ainsi que leurs femmes et enfants – disposition que, par crainte des réactions, réfute Laval après l’avoir avalisée. Et, sentant le vent tourner, le gouvernement refuse que la police française collabore à l’arrestation de Juifs français – mais bien de Juifs étrangers. Pourtant, quand, en Gironde, avec l’accord du préfet, la police française rafle tous les Juifs encore présents dans le département, français ou non, ni Pétain, ni Laval ne proteste. Et cela se répète dans d’autres villes, avec l’appui de la Milice. Seuls les Juifs français parisiens sont protégés.

Des chapitres concernant la mort de Darlan, l’amiral dévoué à Pétain qui change de bord après le débarquement américain en Afrique du Nord, au grand dam de Giraud et des Gaullistes, le chef de la Milice Joseph Darnand exécuté en octobre 1945, l’assassinat du Secrétaire d’Etat à l’Information et à la Propagande Philippe Henriot par des résistants le 28 juin 1944 ou encore les cent derniers jours de Pierre Laval terminent cet ouvrage tout à fait passionnant.