Direction du Sous-Équipement

Les plus grandes révolutions ne se lisaient plus sous les pas des chevaux, dans le sang des caniveaux ou sur le front des barricades. Elles étaient insidieuses et leurs soldats envahissaient nos têtes puis le Beau pays sans un coup de feu ni une protestation. Et d’ailleurs, qui avait parlé finalement de ce décret, à part quelques journaux trop occupés de leur survie entre leur « version papier » et leur site internet ? Matricule : JO N° 2009-1393. Objet : disparition de la Direction du livre et de la lecture, fondue dans un ensemble plus large, la Direction générale des médias et des industries culturelles. Ces mots n’avaient l’air de rien et pourtant ils anticipaient un avenir : où les livres ne seraient plus qu’électroniques et les journaux informatiques. Adieu papiers, bonjour écrans, les tables de la lois descendaient d’un IPad au bras de Moïse et c’était la raison pour laquelle sa face était illuminée. Esclaves des puces allaient devenir les Français, et malheur aux traînards. Déjà le Beau pays avait défavorisé ses vieux, ceux qui ne savaient pas remplir leurs impôts par internet, ceux qui ne savaient pas faire leurs courses avec leur clavier ; et la vie était mal faite, c’était justement ceux qui étaient cloués chez eux par les maux de l’âge qui savaient le moins profiter de l’e-commerce. Sans ordi, sans portable, impossible de voter sur le site de France 2 pour des questions aussi passionnantes que « Avez-vous le sentiment de vivre un hiver particulièrement rigoureux, oui, non, ne sait pas ! » Y avait-il une grève des transports (elles fleurissaient encore malgré les promesses), le préposé au guichet auquel on s’adressait vous renvoyait avec des airs « Regardez sur le site internet ! » Aviez vous fait une demande de carte d’identité (oui, bien française, M. Besson) qu’on vous demandait votre « numéro de portable » pour vous prévenir. Jusqu’aux profs qui devaient désormais « rentrer » leur notes de leurs élèves sur le serveur de l’école. La bonne nouvelle c’était que sans clavier, on évitait d’apporter l’eau tiède de ses opinions convenues au moulin des forums qui fleurissaient sur internet, ces espèce de cafés du commerce virtuels où on disait autant de bêtises que sur les bons vieux zincs mais où on ne buvait même pas un coup ! Non, il ne fallait décidément pas que les exclus des puces soient considérés par le reste de la population comme des « sous-hommes » pour citer à dessein M. Frêche qui venait de nouveau de faire des siennes en poussant cette fois à bout madame Aubry, ce qui était une performance, pour un mot lamentable sur Fabius, qui n’était que la dernière perle d’un collier de petites infamies. Leur auteur se défendait à tout bout de champ excipant de ses diplômes soi-disant supérieurs avec cette morgue qui suffit à prouver l’imbécillité. Et comme par une logique secrète, la langue de vipère du Languedoc citait comme seul socialiste trouvant grâce à ses yeux… « très intelligent, trop intelligent pour le PS »… qui ça ? Peillon bien sûr, le philosophe bien connu qui essayait de se faire oublier ! « Gardez-moi de mes amis… » Jusqu’à mardi prochain.

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