Dling ! Dling !

Deux agressions violentes à Bruxelles et le carrousel communautaire tourne à nouveau comme aux beaux jours de la Foire du Midi ! Dling ! dling !

Je me souviens que jadis, à l’époque de l’agent 15 et de Quick et Flupke, les policiers communaux arrêtaient de poursuivre le voleur qui avait réussi à passer la frontière de la commune voisine. A cette époque bénie, ne le répétez pas, j’étais plutôt pour le voleur et contre la maréchaussée. Qui n’a pas préféré Robin des Bois au prince Jean me lance la première pierre !

Ces pensées ne sont plus politiquement correctes. Mais qu’est-ce qui est politiquement correct ?

L’histoire ne dit pas si les voyous de Molenbeek et de Laeken qui ont provoqué tant de vagues parlaient français, flamand, kazak ou araméen. Dans l’état actuel de délire communautaire, je m’étonne de ne pas encore avoir entendu un de nos joyeux politiciens proposer de diviser la  police de Bruxelles en deux zones plutôt qu’en une ou en six : une flamande et une francophone. Lorsqu’un policier francophone s’aperçoit que le bandit qu’il poursuit l’insulte  en flamand, il devra immédiatement s’arrêter et appeler la brigade flamande, faute de quoi le voleur pourra librement reprendre son tram. Dling ! Dling !

Et s’il parle araméen ? Ce sera à la police des étrangers d’intervenir. Elle pourra immédiatement procéder à son expulsion (la seule chose qu’elle est capable de faire), ce qui évitera d’encombrer nos prisons, déjà saturées.

La situation est moins improbable qu’un esprit rationnel mais naïf pourrait le penser : le ministre de la justice vient de louer des cellules dans des prisons hollandaises, réservées aux prisonniers ne vivant pas trop loin de la frontière. Autrement une prison pour Flamands. Tant pis pour les Wallons qui voulaient profiter de l’aubaine pour un petit bain d’immersion linguistique. N’ont qu’à rester en Wallonie. Et au chômage !

A ce propos, je ne comprends pas pourquoi Stefan De Clerck a choisi la Hollande plutôt qu’une tour inoccupée de Dubaï ou carrément une île artificielle pour loger nos condamnés : là-bas, le mètre carré est désormais pour rien, en tout cas infiniment moins cher que les palaces cellulaires cinq étoiles de Tilburg.

De plus, en cas d’évasion, bonne chance aux pauvres évadés de se débrouiller en français, en flamand ou même en kazak ou en araméen après avoir quitté à la nage l’île où ils étaient détenus pour se retrouver au milieu de nulle part au fond d’un désert sans même une burqa pour les protéger du soleil! En Belgique, c’est quand on les appelle pour la soupe (dling ! dling !) qu’on s’aperçoit qu’une partie des détenus manquent à l’appel. Sorry, chef, on n’avait pas remarqué ! Mais, attention, chef ! Pas de reproches, hein ! Sinon, on se met en grève !

Oui, je sais, c’est facile de se moquer. Je l’avoue, moi, je n’aimerais pas être gardien de prison. Ni policier même si on m’offre un sifflet en cadeau. Ni être le ministre qui ne donne pas les moyens nécessaires pour que la justice soit rendue. Ni me retrouver magistrat obligé de relâcher la petite brute que des flics ont réussi à attraper, parfois en risquant leur peau.

Mais surtout, je refuse d’être un de ces politiciens qui ne trouve rien de mieux qu’une lecture communautaire de la violence à Bruxelles. Et qui font semblant de croire que si les voyous sont jugés la nuit même de leur arrestation, les troubles s’arrêteront par miracle. Jugés, condamnés, emballés ! Et le père Noël est de retour ! Dling ! Dling !

Il n’y a que des bons et des mauvais magistrats, des bons et des mauvais policiers. Avec les moyens nécessaires pour que l’outil fonctionne au mieux de sa capacité. Quand des flics sont soupçonnés d’avoir commis des actes scandaleux de torture et des traitements dégradants sur des détenus de la prison de Forest (pendant que les gardiens une fois de plus étaient en grève), personne n’a songé au snelrecht. Alors que les faits remontent à septembre dernier, ils n’ont d’ailleurs toujours pas été jugés.

On sait qu’un de ces jours, c’est à Anvers ou à Termonde, à Liège ou à Charleroi que se dérouleront les prochains hold-up ou agressions. Il faudra bien alors se demander si vraiment ce n’est pas la justice de ce pays toute entière qui est malade et qui appelle le docteur en vain. Dling ! Dling !

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