Et si on fermait la Bourse !

« Et si on fermait la Bourse … », cette exclamation légèrement provocante  est à la fois une proposition très sérieuse et le titre d’un article de Frédéric Lordon dans le dernier numéro du Monde Diplomatique. Fréderic Lordon est économiste. Il a publié récemment « La crise de trop. Reconstruction d’un monde failli » chez Fayard mais aussi un autre ouvrage, écrit lui, juste avant le début de la crise de 2008, « Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières » paru chez « Raison d’agir ». Un texte qui avait des accents prémonitoires.  « Nul ne  peut plus feindre d’ignorer que ce sont les structures mêmes des marchés de capitaux libéralisés qui sont en question, et que les laisser à l’identique vaut ipso facto renouvellement de l’abonnement  « crise et krach », écrivait Lordon. Dix-huit mois plus tard, les marchés sont toujours à l’identique  et les opérateurs ont repris de plus belle leurs pratiques spéculatives. Simplement entretemps les gouvernements du monde entier ont déboursé 11.400 milliards de dollars, soit 1676 dollars par être humain pour sauver les banques. Tout cela bien sûr au frais du contribuable et en créant les dettes porteuses d’une nouvelle crise. Voilà pourquoi, cette fois, Fréderic Lordon propose une solution radicale : fermer la Bourse. Je ne peux ici m’étendre sur l’argumentation très serrée qu’il développe à l’appui de cette proposition et vous renvoie pour cela à son article dans Le Monde Diplomatique. Mais la conclusion est nette : la Bourse n’est plus un instrument de financement mais de pure spéculation. Elle est donc devenue totalement  inutile pour la production  et l’emploi. Aujourd’hui d’ailleurs, fait remarquer Lordon, « ce n’est plus la Bourse qui finance les entreprises mais, au point où on en est, ce sont plutôt les entreprises qui financent la Bourse ». Contrairement à sa mission théorique, elle ne fournit plus de fonds propres aux entreprises, elles ne finance pas davantage l’innovation technologique tandis que des masses financières énormes – la nouvelle bulle- se retrouvent sur le marché secondaire dont l’activité est purement spéculative. Le Bourse, conclut l’économiste, n’est  plus qu’une machine à fabriquer des fortunes. Et, a-t-on envie d’ajouter, à ruiner la collectivité. Fermer la Bourse : en fin de compte une mesure de salubrité publique.

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